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ESSAI POLITIQUE SUR LE ROYAUME
DE LA
NOUVELLE ESPAGNE.
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mm DE L'IMPRIMERIE DE J. H. STÔNE.
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ESSAI POLITIQUE
SUR LE ROYAUME
DE LA
NOUVELLE -ESPAGNE. PAR AL. DE HUMBOLDT
LS DÉS A A AN ST SV PS
TOME PREMIER.
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VARLLLR VLLALLALI RS
| A PARIS, Cuez F, SCHOE LL, LISRAIRE, RUE pes Fossés-
SAINT- GERMAIN-L'AUXrRROIS, N.° 29.
1811.
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AVERTISSEMENT
LA
DE L'ÉDITEUR.
Czrre édition est entièrement conformé à celle en deux volumes in-4.°, laquelle est accompagnée d'un Atlas en vingt feuilles in-fol. Quoique cet Atlas ne fasse pas partie de l'édition in-8.°, on a cru cependant devoir conserver dans celle-ci tout ce qui y est relatif, parce que les discussions astronomiques et géogra- phiques de M. de Humboldt peuvent être instructives pour ceux même qui
ont pas les cartes sous les yeux.
On a cru devoir joindre à cette édition
Il (7
i} AVERTISSEMENT
la carte n° 2 de l'Atlas, qui s'étend jusqu'aux Antilles et aux États - Unis, plutôt que de faire réduire la grande carte du Mexique en deux feuilles, qu'on trouve dans l'Atlas sous les n.°° 1 a et 1. Cette dernière n'embrasse pas la péninsule de Yucatan , ni les côtes de la Nouvelle-Californie. On a réuni les deux profils n.% 12 et 13 de l'Atlas en une seule coupe, qui s'étend de l'Océan Pacifique jusqu'à la mer des Antilles. Cette Planche réduite est jointe au se-
cond volume.
M. de Humboldt avoit d'abord rédigé cet ouvrage en espagnol, pendant son séjour à Mexico, et cette première es- quisse avoit été présentée au vice-roi
de la Nouvelle-Espagne, au mois de
is
DE L'ÉDITEUR, ii)
janvier 1804. L'impression de l'ouvrage que nous publions aujourd'hui, et qui fait partie du Voyage de MM. de Humboldt et Bonpland, a commencé en 1807, et les premières livraisons de l'édition in-/.0
ont paru au mois de mars 1808.
Paris, le 1" mars 1811.
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ANALYSE RAISONNÉE DE L'ATLAS
DE LA NOUVELLE-ESPAGNE
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F, publiant des cartes géographiques de la Nouvelle-Espagne et les dessins qui repré- sentent les inévalités du sol mexicain dans des projections verticales, je dois rendre Compte aux astronomes et aux physiciens des matériaux qui ont été employés pour ce travail. Lorsqu'un auteur se borne à faire une compilation ; lorsque, puisant dans des sources connues, il ne fait que réunir ce qui est épars dans des ouvrages imprimés Ou dans des cartes gravées, une simple no- menclature des pièces employées peut servir d'analyse. Il n’en est point ainsi quand un atlas se fonde sur des observations astrono-
miques ou sur des mesures qui appartiennent ‘& | 1
2 INTRODUCTION
à l’auteur ; quand, pour la construction de nouvelles cartes, on a tiré parti de plans et de notes manuscrites conservées dans les archives ou enfouies dans les couvens. Dans ce dernier cas, et c'est celui dans lequel je me trouve, le géographe est en droit de demander un exposé raisonné des moyens dont on s’est servi pour vérifier la position des points les plus importans. En présentant cet exposé au public, je distinguerai soigneu- sement les résultats de simples combinaisons, de ce qui a été déduit immédiatement des observations astronomiques et des mesures géodésiques ou barométriques faites sur les lieux. Je tâcherai de donner une analyse succincte des matériaux que j'ai eus à ma disposition, réservant cependant les détails purement astronomiques pour le Recueil d'observations et de mesures que je publie, conjointement avec M. Ocrmanxs. C'est en suivant cette marche que les différentes par- ties de mon ouvrage , la Statistique du Mexique , la Relation historique du voyage aux tropiques et le volume astronomique, serviront toutes, je m'en flatte, à prouver que le désir de l'exactitude et l'amour de la
. 3
GÉOGRAPHIQUE. 3 ion de vérité m'ont guidé pendant le cours de mon lans et expédition. Puissent mes foibles travaux avoir ns les ê contribué en quelque chose à dissiper les Dans ténèbres qui couvrent depuis des siècles la quel je géographie d’une des plus belles régions de oit de la terre! loyens Dsition L. entant gneu- Carte réduite du roYaume de la su Nouvelle -E Spagne. it des - 3 >sures 1 J'ar dressé et dessiné cette carte à l’École ir les royale des mines (Real S eminario de Mineria) ralyse " l’année 1803, peu de temps avant mon départ à isa ‘ de la ville de Mexico. M. d'Elhuyar, directeur étails Fe de cette école, avoit depuis long-temps re- -cueil U cueïlli des notions sur la position des mines de blie, L la Nouvelle - Espagne et sur les trente - sept si en “districts dans lesquels elles ont été divisées sous par-
: la dénomination de Deputaciones de Minas, 1] du désiroit faire construire , à l’usage du colléce
be Li À Suprême appelé Zrbunal de Mineria, une Lib à carte détaillée sur laquelle les exploitations D les plus intéressantes fussent marquées. Un le la
travail de cette nature étoit en effet bien
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IA INTRODUCTION
nécessaire , tant pour l'administration de ce pays que pour ceux qui veulent en connoître l'industrie nationale. On cherche en vain, sur la plupart des cartes publiées en Europe, le nom de la ville de Guanaxuato, qui a 70,000 habitans; celui des mines célèbres de Bolanos, de Sombrerete, de Batopilas et de Zimapan. Aucune des cartes qui ont paru jusqu'ici ne présente la position du Real de Catorce , dans l’intendance de San Luis Potosi, mine dont on retire annuellement pour près de vingt millions de France d’ar- gent, et qui, par sa proximité au Rio del Norte, paroît déjà avoir tenté la cupidité de quelques colons établis récemment dans la Louisiane. Ayant commencé à calculer la plupart de mes observations astronomiques pour avoir quelques points fixes auxquels d'autres pourroient être appuyés, voyant à ma disposition un nombre considérable de matériaux et de cartes manuscrites, je conçus l'idée d'étendre le plan que j'avois formé d’abord. Au lieu de ne placer sur ma carte- que les noms de trois cents endroits connus par des exploitations considérables, je me proposai de réunir tous les matériaux que je
nn de ce onnoître en vain, Europe, ; qui a ébres de las et de ni paru Real de jan Luis ellement nce d'ar- Rio del cupidité ent dans
> CONÇUS formé ma carte-
connus je me que je
GÉOGRAPHIQUE. 5
pouvois me procurer, et de discuter les différences de position que ces matériaux hétérogènes présentoient à chaque instant. On n'aura pas lieu d’être surpris des incer- titudes qui règnent dans la géographie du Mexique, si l’on considère les entraves qui ont arrêté les progrès de la civilisation, non- seulement dans les colonies, mais encore dans la mère-patrie; surtout si l’on se rappelle la longue paix dont jouissent ces contrées depuis le commencement du seizième siècle. Dans lIndostan, les guerres avec Hyder Ally et Tippoo-Sultan, les marches continuelles des armées, la nécessité de chercher la commu- nication la plus courte, ont singulièrement contribué à augmenter les renseignemens géographiques. Et encore la connoissance plus exacte de l'Indostan, visité par les peuples les plus actifs de l'Europe, ne re- monte-t-elle pas au-delà de trente ou quarante années. Je devois prévoir que, malgré le travail le plus assidu de trois ou quatre mois, je ne pouvois donner au Mexique qu'une carte très-imparfaite, si on la compare à celles des parties de l’Europe les plus anciennement civilisées. Cette idée cependant ne m'a point
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découragé. En considérant les avantages qu'offroit ma position individuelle, je pou- vois me flatter que mon ouvrage , malgré les fautes importantes qui devoient le défigurer, seroit préférable à ce que l’on a présenté jusqu’à ce jour sur la géographie de la Nou- velle-Espagne.
On dira, sans doute, qu’il n’est pas encore temps de dresser des cartes générales d’un vaste royaume sur lequel on manque de données exactes. Mais, par la même raison, on ne devroit, à l'exception de la province de Quito et des États-Unis, publier aucune carte de l’intérieur de l'Amérique continen- tale. Par la même raison, on ne devroit point encore construire des cartes de plusieurs par- ties de l'Europe, par exemple de l'Espagne ou de la Pologne, pays dans lesquels, sur des surfaces de plus de 1600 lieues carrées, on ne trouve pas un seul endroit dont la position soit fixée par des moyens astronomiques. Il n'y a pas quinze ans que, dans le centre de l'Allemagne , il y avoit à peine vingt endroit: dont la longitude fût déterminée avec certi- tude à un sixième ou un huitième de degré près. |
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vantages je pou- algré les figurer, présenté
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s encore les d’un que de raison, )rovince aucune ntinen- it point urs par- Éspagne sur des ées, on position ques. II ntre de ndroits C certi-
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GÉOGRAPHIQUE. 7
Dans la partie de la Nouvelle - Espagne située au nord du parallèle de 24°, dans les provinces appelées internas (au Nouveau- Mexique, dans le gouvernement de Cohahuila et dans l’intendance de la Nouvelle-Biscaye), le géographe est réduit à faire des combi naisons fondées sur des journaux de route. La mer étant très-éloisnée de la partie la plus habitée de ces pays, il ne lui reste pas de moyens de lier des endroits situés dans l'intérieur d’un vaste continent à des points un peu plus connus de la côte : aussi, au-delà de la ville de Durango, on erre, pour ainsi dire, dans un désert ; on n'y trouve, maloré l'appareil des cartes manuscrites, pas plus de ressources que celles qu'a eues le major Rennel en dressart les cartes de l'intérieur de l'Afrique. Il n’en est point ainsi dans la partie du Mexique contenue entre les ports d'Acapulco et de la Vera Cruz, entre la capitale de Mexico et le Real ‘ de Guanaxuato. C’est dans cette région, que j'ai parcourue depuis le mois de mars 18053 jusqu'au mois
* Le mot Xea/ indique un endroit où l’on exploite des mines,
8 INTRODUCTION
de février 1804, région la plus cultivée et là plus habitée du royaume, que se trouvent un assez grand nombre de points dont la position est déterminée astronomiquement. Il seroit à désirer qu’un voyageur versé dans la pra- tique des observations, et muni d’un sextant ou d'un petit cercle répétiteur de réflexion, d'un garde-temps, d'une lunette achroma- tique et d’un baromètre portatif pour la mesure des hauteurs des montagnes, par- courût en trois directions le nord du royaume dela Nouvelle-Espagne. Il dirigeroitsa course, 1. depuis la ville de Guanaxuato jusqu’au Presidio de Santa-Fe, ou jusqu’au village de Taos dans le Nouveau-Mexique ; 2.° depuis la bouche du Rio del Norte, qui verse ses eaux dans le golfe du Mexique, jusqu’à la mer de Cortes, surtout jusqu'à la jonction du Rio Colorado et du Rio Gila; et 3.° depuis la ville de Mazatla# dans la province de Cinaloa, jusqu'à la ville d’Altamira, sur la rive gauche du Rio de Panuco.
Le premier de ces trois voyages seroit le plus important, le plus facile à exécuter, et celui dans lequel le chronomètre se trouve- roit exposé aux moindres changemens de
"et là ent un osition seroit a pra- extant exion, roma- ur la , par- paume ourse,
GÉOGRAPHIQUE. 9
température. Il seroit utile cependant de ne pas se fier au transport du temps seul, mais de se servir, pour déterminer les longitudes, des satellites de Jupiter, des occultations d'étoiles, et surtout des distances de la lune au soleil, moyens qui, depuis la publication des excellentes tables de Delambre, de Zach et de Bürg, méritent le plus haut degré de confiance. Dans le voyage astronomique de Mexico à Taos, on vérifieroit la position que j'ai assignée à S. Juan del Rio, à Queretaro, Zelaya, Salamanca et Guanaxuato; on déter- mineroit les longitudes et les latitudes de S. Luis Potosi, de Charcas, Zacatecas, Fres- nillo et de Sombrerete, cinq endroits célebres par la richesse de leurs mines; on passeroit par la ville de Durango et le Parral à Chihuahua , résidence du gouverneur des Provincias internas. Enlongeant le Rio Bravo, on se porteroit par le Passo del Norte jusqu'à la capitale du Nouveau-Mexique, et de là jusqu’au village de Taos, qui est le point le plus septentrional de cette province.
Le second voyage , le plus pénible de tous, et dans lequel l'observateur seroit exposé à un climat brûlant, fourniroit des points fixes
RSR SOS RE EE
10 INTRODUCTION
dans le nouveau royaume de Léon, dans la province de Cohahuila, dans la Nouvelle- Biscaye et dans la Sonora. Les opérations devroient être dirigées depuis la bouche du Rio Bravo del Norte par le siégé épiscopal de Monterey jusqu'au Presidio de Moncloya. En poursuivant la route par laquelle le chevalier de Croix, vice-roi du Mexique, se porta en 1778 dans la province de Texas, on parvien- droit à Chihuahua pour lier le second voyage au premier; de Chihuahua on passeroit par l'établissement militaire (Presidio) de S. Bue- naventura à la ville d'Arispe, et de là, soit par le Presidio de Tubac, soit par les mis- sions de la Primeria alta, ou à travers les savanes habitées par les Indiens, Apaches Tontos, à la bouche du Rio Gila.
La troisième excursion, dans laquelle on traverseroit le royaume depuis Altamira jus- qu'au port de Mazatlan, se lieroit à la première par la ville de Sombrerete; elle serviroit, par un détour au nord, à fixer la position des fameuses mines de Catorce, de Guarisamey, du Rosario et de Copala. Peu de jours suffiroient pour déterminer la lati- tude et la longitude de chaque endroit que
dans la ouvelle- érations iche du opal de oya. En hevalier )orta en )arvien- voyage oit par S. Bue- là, soit es mis- ers les
GÉOGRAPHIQUE. 11
nous venons de nommer. Les villes les plus considérables , comme Zacatecas, S. Luis Potosi, Monterey, Durango, Chihuahua, Arispe et Santa-Fe du Nouveau-Mexique, nécessiteroient seules un séjour de quelques semaines. Les moyens astronomiques indiqués offrent facilement , sans que l'observateur soit d’une habileté très-éxtraordinaire, une certitude de vingt secondes" pour la latitude,
1 Un astronome des plus célèbres a dit, avec raison , que même aujourd’hui, après l'introduction des cercles répétiteurs, il n’y a pas trois endroits de la terre dont la latitude soit connue avec la certitude d’une seconde. En 1770, la latitude de Dresde étoit fausse de près de trois minutes : celle de l'observatoire de Berlin étoit incertaine jusqu’en 1806, à vingt-cinq secondes près. L'année 1790, avant les observations de MM. Barry et Henry, la position de l'observatoire de Manheim étoit fausse d’une minute vingt-une secondes en latitude, et cependant le père jésuite Chrétien Mayer y avoit observé avec un quart de cercle de Bird de huit pieds de rayon. ( Éphémé- rides de Berlin, 17984, p. 158; et 1795, p. 96.} Avant les observations de Le Monnier, on ignoroit la vraie latitude de Paris à quinze secondes près. Le journal astronomique de M. de Zach offre des exemples
qui servent à prouver qu’un observateur exercé, muni
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me Cup
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et d'un tiers de minute en temps pour la longitude absolue. Combien n’existe-t-il pas de villes très-considérables en Espagne, et dans la partie la plus orientale et la plus septentrionale de l'Europe, qui sont encore éloignées de cette exactitude de position géographique ?
L'exécution peu coûteuse de ces trois voyages, surtout celle du premier , feroit changer de face à la géographie de la Nou- velle-Espagne. Les positions d’Acapulco, de Vera-Cruz et de Mexico ont été vérifiées à différentes reprises par les opérations de Ga- leano, d'Espinosa et de Cevallos, par celles de Gama et de Ferrer, et par les miennes. Les officiers de la marine royale stationnés au port de San Blas, pourroient, dans une seule excursion , fixer les positions impor- tantes des mines de Bo:.rios et de la ville de Guadalaxara. L'expédition astronomique dont le gouvernement a chargé MM. de Cevallos et Herera, pour relever les côtes du golfe
d’un bon sextant et d’un horizon artificiel exact, peut trouver la vraie latitude d’un endroit à sept ou huit secondes près,
our la L-1l pas ne, et a plus ncore Dsition
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celles
GÉOCRAPHIQUE. 13
du Mexique, déterminera l'embouchure du Rio Huasacualco au sud-est de la Vera-Cruz. Il seroit facile à ces habiles astronomes, qui sont munis de superbes instrumens anglais, de remonter cette rivière, célèbre par le projet d’un canal de communication qui doit réunir la mer des Antilles au grand Océan équinoxial ; ils détermineroient la larseur de cet isthme mexicain, en fixant la position du port de Tehuantepec et celle de la Barre de S. Francisco à l'embouchure du Rio Chi- malapa.
Les moyens que je propose dans ce Mé- moire seroient d'une exécution facile et peu dispendieuse. Il n'existe certainement pas un pays sur le globe qui offre de plus grands avantages pour des opérations trigonomé- triques. La grande vallée de Mexico , les vastes plaines de Zelaya et de Salamanca, unies comme la surface des eaux qui semblent y avoir couvert le sol pendant un long espace de siècles; ces plateaux élevés de 1700 mètres au-dessus du niveau de l'Océan, et bordés de montagnes visibles à de grandes distances, invitent l’astronome à la mesure de quelques degrés de latitude vers les limites septentrio-
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nales de la zone torride. Dans l’intendance de Durango, dans une partie de celle de S. Luis Potosi, des triangles d’une grandeur extraordinaire pourroient être tracés sur un terrain couvert de graminées et dénué de forêts; mais entreprendre le relèvement tri- gonométrique du royaume de la Nouvelle- Espagne , vouloir étendre des opérations délicates sur un terrain cinq fois aussi vaste que la France, c’est désirer que le gouver- nement n'ait jamais la carte générale de ses riches domaines, c’est engager la cour d’Es- pagne à une entreprise brillante, mais trop vaste pour quon puisse s'attendre à une exécution complète. On a blämé la scru- puleuse exactitude avec laquelle, dans les expéditions de MM. Fidalgo et Churruca, les officiers de la marine espagnole ont exa- miné les plus petites sinuosités de la côte de l'Amérique méridionale ‘. Ce travail, sans
* Un des plns savans géographes du siècle, M. Rennell, observe que les Anglois possèdent des cartes tres-exactes des mouillages des côtes de Bengal, tandis qu’il n’existe aucune carte passable- ment bonne du canal qui sépare l’Angleterre de
l'Irlande. (Descript. de l’Indosten, T. I, Préface. )
idance lle de indeur sur un ué de nt tri- ivelle- rations 1 vaste puver-
de ses d’Es-
GÉOGRAPHIQUE. 15
doute, a té pénible et tres-coùteux; cepen- dant, je pense qu’on auroit tort de censurer ceux qui ont présenté à Sa Majesté Catholique ce beau projet d’un relèvement hydrogra- phique. Une carte marine ne peut jamais être assez détaillée. La sûreté de la navigation, la facilité de se reconnoître dans un attérage, les moyens de défense nécessaires contre un ennemi qui menace de débarquer, dépendent de la connoissance la plus intime des côtes et de celle du fond de la mer. Il est quelquefois peu important que la position d’une ville située dans l’intérieur des terres soit exacte en lati- tude à une minute près; mais, sur les côtes, il est du plus grand intérêt de connoitre la position d'un cap avec toute l’exactitude que peuvent fournir les moyens astronomiques. Dans une carte hydrographique , tous les points doivent être également bien déter- minés , car chacun d’eux doit pouvoir servir de point de départ ou de reconnoissance; il n'en est aucun qui ne soit en rapport avec les autres : des cartes, au contraire, qui re- présentent l’intérieur d'un vaste pays, ont déjà un grand mérite lorsqu’elles offrent un
16 INTRODUCTION
certain nombre d'endroits dont la position est fixée astronomiquement.
S'il est à désirer que l’on n’entreprenne pas de sitôt de relever les possessions espa- gnoles dans l'intérieur de l'Amérique avec cette même exactitude minutieuse que l’on met à relever les côtes; si, dans l’état actue! des choses, il est plus utile de n’exécuter qu’un travail provisoire fondé sur l'usage des sextans et des chronomètres, sur des distances lunaires , sur des observations de satellites et d'occultations d'étoiles, il n’en seroit pas moins important pour cela de réunir, à ces moyens purement astronomiques, d'autres moyens que présentent la nature du pays et la grande élévation des cimes isolées. Lors- qu’on connoît exactement la hauteur absolue de ces cimes, soit à l’aide du baromètre, soit par des opérations géométriques, des angles de hauteurs et des azimuths pris avec le soleil couchant ou levant peuvent servir à lier ces montagnes à des points dont la latitude et la longitude ont été suffisamment vérifiées. Cette méthode présente des bases perpendiculaire ; et en évaluant de combien de mètres on peut
position
‘eprenne ns espa- ue avec que l’on at actue! exécuter sage des distances ellites et rot pas r, à ces d’autres pays et s. Lors- absolue
“l à pe
GÉOGRAPHIQUE. 17
s'être trompé dans la mesure de chaque base, il est facile de conclure, par de fausses sup- positions, de combien cette erreur peut influer sur la position astronomique, soit de la montagne même, soit des autres points qui en dépendent. Souvent la connoïssance exacte de la limite inférieure des neiges perpétuelles peut offrir les mêmes avantages que la mesure d’une cine isolée. J'ai employé cette méthode pour vérifier la différence de longitude qui existe entre la capitale de Mexico et le port de Vera-Cruz. Deux grands volcans, celui de la Puebla, appelé Popocatepetl, et le pic d'Orizava, visibles tous deux de la plate-forme de l’ancienne pyramide de Cholula, ont servi à lier deux endroits éloignés l’un de l’autre de près de 300,000 mètres. La réunion de deux mesures géométriques des montagnes, des azimuths et des angles de hauteurs , calculées’ par M. Oltmanns, ont donné le port de Vera- Cruz de oh 11/ 32” à l'occident de Mexico , tandis qu'il suit des ébservations purement
‘astronomiques une différence de méridiens
de oh 11/ 47”. En modifiant le premier ré-
suliat par quelques opérations secondaires
faites à la pyramide de Cholula, on trouve L 2
18 INTRODUCTION
même oh 11/ 41”, 3; de sorte que, dans ce cas particulier, sur une distance de trois de- grés, la méthode des azimuths n’a pas été fausse de 7” en temps.
Ces mêmes cimesisolées et placées au milieu d’un vaste plateau, offriroient un moyen bien plus sûr encore pour déterminer dans un court espace de temps, à quelques secondes près, la longitude d’un grand nombre d'endroits voisins. Des signaux lumineux, donnés par la déflagration d’une petite quantité de poudre à canon , doivent être observés à de grandes distances par des personnes munies de moyens de trouver et de conserver le temps vrai. Cassini de Thury et Lacaille ont, les premiers, employé avec succès cette méthode des si- gnaux lumineux. Récemment M. de Zach a prouvé, par ses opérations en Thuringe , que, dans des circonstances favorables, elle peut fouruir en peu de minutes des positions com- parables, pour l'exactitude, aux résultats tirés d’un grand nombre d'observations de satellites
1 Mémoire astronomique sur la différence des méri- diens entre Mexico et Vera-Cruz , par MM. Oltmanns et Humboldt. (Zach, monathliche Correspondenz , novembre 1806, p. 445, 454, 458.)
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GÉOGRAPHIQUE. 19
ou d'éclipses solaires. Dans le royaume de la Nouvelle-Espagne, les signaux pourroient se donner à l’Iztaccihuatl ou Sierra Nevada de Mexico, sur le rocher appelé le Moine , cime isolée du volcan de Toluca , à laquelle je suis parvenu, le 29 septembre 1803, sur la Ma- linche près de Tlascala , Sur le Coffre de Perotte, et sur d’autres montagnes dont le sommet est accessible, et qui sont toutes élevées de plus de trois à quatre mille mètres au-dessus du niveau de l'Océan.
Le gouvernement espagnol ayant, avec une libéralité extraordinaire » fait les sacrifices les plus importans pour le perfectionnement de l’astronomie nautique et pour le relèvement exact des côtes , on peut espérer qu’il ne tar- dera pas à s’occu per de la géographie de ses vastes domaines aux Indes ; la marine royale offriroit et des instrumens et des astronomes execcés dans la pratique des observations. L'école des mines de Mexico » dans laquelle l'étude des mathématiques se fait d’une ma- nière solide , répand sur lasurface de ce vaste empire un grand nombre de jeunes gens animés du plus beau zèle , et capables de se servir des instrumens que l’on placeroit entre
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20 INTRODUCTION
leurs mains. C’est par des moyens analogues que la compagnie angloise des Indes orien- tales est parvenue à se procurer le plan d'un territoire dont l'étendue équivaut à celle de l'Angleterre et de la France prises ensemble’. Les temps n'existent plus où les gouverne- mens , cherchant leur süreté dans le mys- tère , redoutoient de dévoiler aux nations étrangères les richesses territoriales qu'ils possédoient aux Indes. Le roi d'Espagne actuel a ordonné que l’on publiàt, aux frais de l’état, le relèvement des côtes et des ports; il n’a pas craint que les plans les plus détaillés de la Havane, de Vera-Cruz et de l’embou- chure du Rio de la Plata existassent entre les mains des nations que les événemens ont rendues ennemies de l'Espagne. Une des belles cartes rédigées par le Deposito hidrografico de Madrid , offre les détails Les plus précieux sur l'intérieur du Paraguay, détails qui se fondent sur des opérations exécutées par des officiers de la marine royale , employés pour déterminer les limites entre les Portugais et les Espagnols. A l'exception des cartes de
1 Rennel, sur l’Indostan , Tom, Ï, p. 17.
nalogues >s orlen- lan d'un celle de semble. ouverne- le mys- nations es qu'ils Espagne aux frais es ports ; détaillés l'embou- entre les
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GÉOGRAPHIQUE. 21
l'Égypte et de quelques parties des Grandes- Indes, le travail le plus exact que l’on ait sur aucune possession continentale des Européens hors de l’Europe, est la carte du royaume de Quito, dressée par Maldonado. Tout prouve que depuis quinze ans le gouvernement espa- gnol, loin de craindre les progrès de la géo- graphie, a fait publier, au contraire, tout ce qu'il possède de matériaux intéressans sur ses colonies dans les deux Indes.
Après avoir indiqué les moyens qui pa- roissent les plus propres à perfectionner rapidement les cartes du royaume de la Nouvelle-Espagne, je m'occuperai de l’ana- lyse: succincte des matériaux que j'ai pu employer pour le travail géographique que je présente au public.
La carte générale du royaume de la Nou- velle-Espagne est dressée, comme toutes les cartes que j'ai dessinées pendant le cours de mon expédition , d’après la projection de Mercator, avec deslatitudes croissantes. Cette projection a l'avantage de présenter direete- ment la vraie distance à laquelle se trouveun endroit de l’autre; elle est en même temps la plus agréable aux marins qui visitent les
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22 INTRODUCTION
colonies, et qui, en fixant la position de leurs vaisseaux par deux montagnes visibles au large, veulent faire cadrer leur relèvement avec les cartes. Si j'avois eu à choisir entre les pro- jections stéréographiques , j'aurois donné la préférence à celle de Murdoch , qui mériteroit d'être généralement suivie. L’échelle de ma carte est de 32 millimètres pour chaque degré de l’équateur. L’échelle des latitudes crois- santes ne se fonde pas sur les tables de Don Jorge Juan, mais sur celles que M. de Men- doza a calculées pour le sphéroïde. ‘
Pour conserver une forme plus convenable à la carte du Mexique, on n’en a étendu l'échelle que depuis les 15° aux 41° de latitude boréale , et depuis les 96° aux 117° de lon- gitude. Ces limites n'ont pas permis de pré- senter sur la même planche l’intendance de Mérida ou la péninsule d’Yucatan, qui ap- partient au royaume de la Nouvelle-Espagne. Pour faire entrer dans la carte le point le plus oriental, qui est le cap Catoche, ou plutôt l'île Cozumel , il auroit fallu ajouter encore sept degrés en longitude, ce qui m’auroit
: Connoissance des temps, pour l’année 1793, p. 303.
on de leurs s au large, nt avec les > les pro- donné la nériteroit le de ma que degré es crois- ; de Don de Men- nvenable à étendu latitude de lon- de pré- ance de qui ap- spagne. t le plus 1 plutôt encore n’auro:it
3, P. 303.
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GÉOGRAPHIQUE. 23
forcé de comprendre sur la même planche une portion du royaume de Guatimala , sur lequel je manque absolument de données toute Ja Louisiane, toute la Floride occiden- tale, une partie du Tennessée et de l'Ohio.
C’est en vain que l'on cherchera, sur cette carte générale de la Nouvelle-Espagne , les établissemens espagnols sur la côte nord-ouest de l'Amérique, établissemens isolés que l’on peut considérer comme des colonies dépen- dantes de la métropole du Mexique. Pour faire voir sur la même planche les missions de la Nouvelle-Californie, il auroit encore fallu ajouter à l’ouest huit degrés de longi- tud: ; car le point du royaume Île plus sep- ten-rional est le Presidio de San Francisco , situé , d'après Vancouver, par les 37° 487 30” de latitude boréale , et par les 124° 27! 457 de longitude occidentale.
Il résulte de ces considérations qu'une carte de la Nouvelle-Espagne » Pour mériter le nom de carte générale, devroit embrasser l’im- mense étendue de pays comprise entre les 89° et 125° de longitude , et entre les 15° et 38 de latitude. Pour éviter l'inconvénient de représenter d’aprèsune grande échelle des
iW | AOL 1 Ut EM | (el ! 1 Hi À (UN | th 1! À Ar | ll Î } | | H 1! A ll { EH | # { Qi] 1 | \:! (L | fi L | 0
24 INTRODUCTION
pays qui, considérés sous le point de vue de l'économie politique, n’offrent pas le même intérêt, j'ai préféré de restreindre mon travail dans des bornes plus étroites. J’ai fait dresser, dans un format beaucoup plus petit, une se- conde carte, qui non-seulement permet d'embrasser d’un coup - d'œil tous les pays qui dépendent dela vice-royauté du Mexique, mais qui s'étend aussi sur les îles Antilles et sur les États-Unis de l'Amérique.
Quoique , d'apres les principes que j'ai souvent énoncés , je persiste à donner la pré- férence aux nouvelles mesures sur les an- ciennes, je n'ai cependant pas ajouté à mes cartes l'échelle des degrés centésimaux. Le Bureau des longitudes ayant constamment suivi, soi dans la Connoissance des temps , soit dans les nouvelles Tables astronomiques qu'il vient de publier, l’ancienne manière de compter les latitudes, un seul individu s’op- poseroit vainement au torrent, en ne pré- sentant que des latitudes exprimées en parties centésimales. IL faut espérer cependant que l'introduction du système métrique fixée par l'arrêté du 15 brumaire an 9, deviendra peu à peu générale. Les degrés de longitude que
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GÉOGRAPHIQUE. 29
jindique , sont comptés à l’ouest du méridien qui passe par l'observatoire de Paris. Si la plus grande partie du public ne s’opposoit pas aux innovations, même lorsqu'elles sont utiles. J'aurois préféré au méridien de Paris, le mé- ridien universel proposé par un des premiers géomètres ‘ du siècle , et qui se fonde sur le mouvement du grand axe de l’ellipse solaire. Ce méridien universel est à 185° 30’ à lorient de Paris, ce qui fait 166° 46’ 12” de l'an- cienne division sexagésimale. Il passe, par conséquent, par la mer du Sud, 12’ à l’est de l’île d'Erromanga, qui appartient à l'archipel du Saint-Esprit. L'introduction d’un méridien universel qui se fonde sur la nature même, et qui ne blesse pas la vanité nationale des Européens, seroit d’autant plus à désirer , que nous voyons tous les jours augmenter le nombre des premiers méridiens tracés arbi- trairement sur les cartes. L'Espagne, depuis quelques années, en comple cinq, celui de Cadix qui est le plus usité parmi les naviga- teurs, celui de Carthagène, celui du nouvel
* Exposition du Système du Monde , par Laplace, P° 19.
26 INTRODUCTION
observatoire à l’île de Léon, celui du collége des nobles à Madrid, introduit par les belles cartes de M. Antillon, et celui de la pointe de la Galera à l’île de la Trinité. A ces quatre méridiens, on pourroit en ajouter encore deux qui passent par les possessions espa- gnoles , et quiont été adoptés par un grand nombre de géographes : je parle du méridien de Ténériffe et de celui de l’île de Fer. Le dernier fait naître des confusions inévitables, d’Anville le faisant passer entre le bourg de Fer et le cap Ouest de l’île. Voilà, sans compter celui de Tolède, sept premiers méridiens dans les seuls états du roi d’Espagne.
J'ai suivi, pour la dénomination des mers qui baignent les côtes du Mexique , les idées que M. Fleurieu a proposées dans ses Obser- vations sur la division hydrographique du globe, ouvrage dans lequel de grandes vues sont réunies à une profonde érudition histo- rique. Les noms espagnols ont été ajoutés pour faciliter la lecture des voyages écrits en espagnol.
Pour dresser la carte du Mexique, j'ai commencé à réunir tous les points fixés par des observations astronomiques ; j'en ai formé
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GÉOGRAPHIQUE. 27
un tableau qui, pour pouvoir mieux faire apprécier le degré de confiance que méritent les résultats, indique le genre d'observation et le nom de l'observateur. Le nombre de ces points monte à soixante-quatorze , dont cinquante sont placés dans l’intérieur des terres. De cette dernière classe , il n'y en avoit que quinze de connus avant mon arrivée au Mexique au mois d'avril 1803. Il sera utile de discuter quelques-uns des trente-trois points dont la position est déterminée par mes pro- pres observations , ei qui sont tous compris entre les 16° 50’ et 20° 0’ de latitude, et les 98° 29’ et 103° 12’ de longitude. En fixant ces positions, nous entrerons dans quelques détails historiques sur les erreurs extraordi- naires qui se sont propagées jusqu’à ce jour par les cartes les plus récentes et les plus répandues.
28 INTRODUCTION
MEXICO.
Plusieurs hauteurs méridiennes du soleil et des étoiles m'ont donné, pour la latitude de la capitale au couvent de St. Augustin', 19° 25’ 45”. La longitude, déduite des éclipses des satellites de Jupiter, des distances de la lune au soleil, du transport du temps depuis Acapulco, et d’une opération tri- gonométrique entreprise pour évaluer la différence de méridiens entre Mexico et le port de Vera-Cruz, est de 6" 45’ 42” ou de 1o1° 25’ 50”. Je dois observer, une fois pour toutes, que je m'arrête aux nombres qui résultent des calculs extrêmement soignés de M. Olitmanns, géomètre distingué, qui a calculé toutes les observations astronomiques que j'ai faites depuis mon départ de Paris en 1798, jusqu'à mon retour à Bordeaux en 1804. La longitude de Mexico ( 6" 45’ 28”) indiquée dans les nouvelles Tables astrono-
: La grande porte de l’église cathédrale de Mexico est de 12” plus septentrionale et de 1o07'(en arc) plus orientale que le couvent de St. Augustin, pres duquel j'observois.
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GÉOGRAPHIQUE. 20
miques publiées” par le Bureau des longi- tudes, se fonde sur un mémoire astrono- mique que j'avois présenté à la première classe de l’Institut le 4 pluvidse an 11, et dans lequel les calculs de la lune n’avoient point été corrigés par les tables de M. Bürg. Un an plutôt je m'étois arrêté à un résultat qui approchoit plus encore de la vraie longi- tude ; la moyenne de mes observations im- primées à la Havane, étoit de 101° 20” 57.
Trois émersions du premier satellite de Jupiter que j'ai observées , donnent en terme moyen, par les tables de M. Delambre, la longitude de 6h 457 307. |
Trente-deux distances de la lune au soleil calculées par M. Oltmanns, d'après les plus nouvelles tables lunaires, donnent la longi- tude de 6h 457 547,
Le transport du temps depuis Acapulco donne, pour la différence de méridiens entre le port et la Capitale de Mexico, 2’ 54” en temps : par conséquent, en supposant Aca- pulco à 6h 48 247, la longitude de Mexico seroit 6h 45’ 297.
Deux observations de satellites faites, l’une à Lancaster en Pensylvanie, l'autre à la Havane,
30 INTRODUCTION
toutes deux correspondantes à l’émersion que j'ai observée à Mexico le 2 mai 1805, donnent en longitude , l’une 6h 45’ 55” +, l'autre 6h 45’ 267.
La longitude de Guanaxuato, déterminée par les distances lunaires et rapportée par mon chronomètre à celle de Mexico, donne pour cette capitale 6h 45’ 567.
Il résulte de l'opération trigonométrique , ou plutôt de mon essai de lier la capitale au port de Vera-Cruz,par le moyen des azimuths et des angles de hauteurs pris sur les deux volcans d'Orizaba ei de Popocatepec (d'après les calculs de M. Oltmanns, et en supposant Vera-Cruz de 6h 33’ 55”), la longitude de Mexico de 6h 45’ 367.
Tous ces résultats, obtenus par des voies diverses et indépendantes les unes des autres, confirment la longitude que nous assignons à la capitale du Mexique; elle est différente de plus d’un degré et demi de celle que l'on a adoptée jusqu'ici; car la Connoissance des temps place Mexico, en 1772, à 100° 1’ 0”, et en 1804 encore à 102° 25’ 45”. La carte du golfe du Mexique, publiée par le De- posito hidrografico de Madrid en 1799,
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GÉOGRAPHIQUE. 31
donne à la capitale 105° 1’ 27”; cependant, avant que j'eusse observé au Mexique, la vraie longitude avoit été assez exactement connue de trois astronomes dont les travaux méritent d’être tirés de l’oubli, et dont deux sont nés au Mexique même. MM. Velasquez et Gama, dès l’année 1778, avoient déduit, de leurs observations de satellites, la longitude de 101° 30’ ; mais n'ayant pas d'observations correspondantes , et ne calculant que d’après les anciennes tables de Wargentin, ils res- tèrent incertains ( comme ils l’assurent eux- mêmes) de près d'un quart de degré. Ce résultat curieux est contenu dans une petite brochure imprimée à Mexico ', et peu connue en Europe. Velasquez, directeur du tribunal suprême des mines, fixa la longitude de la capitale à 101° 44/ 0”, comme le prouvent des manuscrits précieux conservés par M. Cos- tanzo à Vera-Cruz. Dans une carte de ia Nouvelle-Espagne ébauchée en 1772, Velas- quez plaça Mexico par 278° 9’ de lougitude,
1 Descripcion orthographica universal del eclipse de sol del dia 24 de Jnunio de 1778, dedicada al Sr. Don Joacquin Velasquez de Leon, por Don Antonio de Leon y Gama, 1778, p. +.
32 INTRODUCTION
comptés depuis l'île de Fer — 101° 51’. 1] dit, dans une note ajoutée à ceite carte, « qu'avant son voyage en Californie en 1768, « tout le Mexique étoit placé dans la mer du « Sud; que sa carte est la prenfière qui offre « la vraie position de la capitale , et qu'il l’a « vérifiée par un grand nombre d’observa- « tions faites à Santa-Rosa 62 Californie, à ‘ « Temascaltepecet àGuanäxuato.»M.Galeano, l'un des plus habiles astronomes de la marine royale, avoit aussi reconnu la vraie position du Mexique, lorsqu'en 1791 il tra rea le royaume pour rejoindre l'expédition de Ma- laspina. M, Antillon , il est vrai, déduisit des observations de Galeano la longitude de 101° 52/ o”, résultat qui di re encore de celui que j'adopte, de 1’ 48” en temps ; mais je soupconne que cette différence tient à quel- que légère erreur qui se sera glissée dans le calcul. Les opérations de Gama, Velasquez et Galeano m'’étoient entièrement inconnues lorsque je commencai à travailler au Mexique.
1 Analisis de la Carta de la America septentrional, por Don Isodoro de Antillon , 1803, p. 54. Cette carte place Mexico, non par 101° 52’, mais par 102° 2, erreur de 37’ en arc.
D1° 51’. 1] lite carte, > en 1768, la mer du qui offre et qu'il l’a l'obitrva- ifornie, à .Galeano, la marine e position "arrsa le n de Ma- duisit des itude de ncore de nps ; mais nt à quel- e dans le elasquez connues . Mexique.
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GÉOGRAPHIQUE. 33
D'alleurs, le détail des observations de Don Dionisio Galeano ne m’a été communiqué par M. Espinosa que pendant l'hiver de 1804, après mon retour en Europe. Elles ont donné une longitude qui paroît beaucoup plusexacte que celle publiée par M. Antillon.« J ‘ignorois, m'é« ‘it le savant directeur du dépôt hydro- graphique de Madrid, « lors de votre séjour «“ en Espagne en 1799, les observations de « notre commun ami, M. de Galeano. Elles « consistent dans deux émersions de satellites « et dans la fin d’une éclipse de lune. Elles « m'ont donné 101° 22/ 347 — 6h 45! 30”. » Mais M. Oltmanns trouve , en prenant le milieu entre les trois observations, et en com- parant l'éclipse de lune à cinq différens endroits en Europe, 6! 45’ 49”. La différence entre mes observations et celles de l’astronome espagnol, différence supposée de près d’un demi -degré, se réduit, par conséquent, à moins de deux minutes en «rc. Il est satis- faisant de trouver une harmonie aussi grande entre des observateurs qui , sans se connoître, ont employé des méthodes différentes. Sur les cartes très-détaillées de Thomas Jefferys publiées en 1:94, Mexico est situé par 200 23” I. 3
34 INTRODUCTION
de latitude et 102° 52’ 47” de longitude , tandis que M. Arrowsmith, dans sa belle carte des Indes occidentales en quatre feuilles, fait en 1805 la longitude de Mexico 102° 8’ 0” et la latitude de 19° 57”, fausse de 32 minutes.
Quelques géomètres mexicains du dix- septième siècle avoient assez bien deviné la vraie longitude de la capitale. Le père Dieso Rodriguez, de l'ordre de N. Senora de la Merced , professeur des mathématiques à l’université impériale de Mexico, et l'astro- aome Gabriel Lopez de Bonilla, adoptèrent 7h 25’ pour la différence de méridiens entre Uranienburg et la capitale , d’où suit la lon- gitude de 101° 57! 457 = 6h 467 29”. Mais Don Carlos de Siguerza ', le célèbre succes- seur de Rodriguez dans la chaire académique, ignoroit déjà en 1681 sur quelles observations Bonilla fondoit ce résultat. IL publia un petit traité sur la longitude que l’on doit attribuer à la ville de Mexico *. Il y cite une observation
1 Libra astronomica y filosofica escrita en 1681, por Don Carlos de Siguenza y Gongora, Catedratico de Matematicas de lu Universidad de Mexico, y impresso en la misma Ciudad en 1690, (. 386.
3 Voycz l'ouvrage cité ci-dessus, $. 382—385. Je
à * 4
longitude , | belle carte euilles , fait 102° 8’ o” 32 minutes. s du dix- 1 deviné la pere Dieso nora de la natiques à et l’astro- adopterent liens entre uit la lon-
29”. Mais )re suCCes- adémique, servations la un petit , attribuer bservation x en 1681, Catedratico Mexico, ÿ
$. 386. 2—385, Je
9
GÉOGRAPHIQUE. 39
d'éclipse de lune faite le 20 décembre 1619 par l'ingénieur Henri Martinez à Huehuetoca, au nord-ouest de Mexico. C’est le même in- génieur hollandois qui entreprit l'ouvrage hardi du canal appelé le Desague de Hue- huetoca , dont il sera question dans la suite ; et par lequel on empêche les inondations trop fréquentes de la capitale. L'observation de Martinez, en la comparant à celle d’In- golstadt , sans y appliquer aucune modifica- tion, donneroit pour la longitude de Mexico, 6h 327 167. Comparée à Lisbonne , cette même éclipse présente 6h 227 517, Mais l'ingénieur Martinez ne faisant pas usage de lunette , Siguenza suppose que, par un effet de la pénombre, la fin de l'éclipse a été 15/ plutôt. Il résulte de cette supposition assez arbitraire , Mexico comparé à ingolstadt, 6h 46’ 4o”, et Mexico comparé à Lisbonne, 6h 37’ 317. M. Oltmanns observe , avec raison, qu'une des observations correspon- dantes doit être fausse de 9/ ; Car là vraie dois la connoissance de ce livre très-rare de Siguenza à M. Oteiza , qui a bien voulu recalculer plusieurs
anciennes observations faites par des astronomes mexicains,
5"
36 INTRODUCTION
différence de méridiens entre Lisbonne et Ingolstadt n'est que de 1} 22’ 16”, tandis que l’éclipse du 20 décembre 1619 la don- neroit de 1h 13’ o”. Des observations aussi anciennes et aussi peu soignées ne peuvent offrir aucune certitude; d'autant plus que les deux géomètres mexicains que nous venons de citer, Rodriguez et Siguenza, n'étoient pas en état eux-mêmes d'obtenir les résultats que nots venons d'énoncer. Ils connoïssoient si peu les différences de méridiens entre Uranienburg, Lisbonne , Ingolstadt et l’île de Palma , qu'ils conclurent des mêmes don- nées indiquées dans la Libra astronomica x filosofica , que Mexico est à 283° 38’ à l’ouest du premier méridien de l’île de Palma, ou de 96! 4o’ = 6h! 267 40”, longitude qui diffère de 100 lieues marines de la vraie, et de 240 lieues de celle qu'adoptoit le géographe Jean Covens au milieu du dernier siècle. Dans les Éphémérides de Vienne, rédigées par le père Hell en 1772, et dans les Tables astro- nomiques de Berlin pour l'année 1776, on trouve Mexico à 106° 0’. Aussi l’idée de cette longitude trop occidentale est très-an- cienne. M. Oltmanns l’a déjà trouvée dans les
oonne et !, tandis la don- ons aussi peuvent s que les s venons n'étoient résultats oissoient ns entre t et l’île nes don- onomica
raie, et O graphe le. Dans
GÉOGRAPHIQUE. 37
observations ‘ du père jésuite Bonaventura Suarez , qui séjourna au Paraguay dans la ville des Saints-Martyrs-Cosme-et-Damian. Cet astronome peu connu place Mexico de 3h 13’ à l’ouest de son observatoire, et ce dernier de 3" 52’ 25” à l’ouest de Paris, d’où résulte la longitude de Mexico de 7" 5 23”— 106° 22/ 30”. Aussi les pères jésuites de la Puebla placent-ils la capitale, dans une carte mexicaine gravée en 1755, par 19° 10’ de latitude, et par 115° 0’ de longitude, c’est- à-dire , de 240 lieues trop à l'ouest.
Le voyage de Chappe, rédigé par M. de Cassini, ne nous a rien appris d’exact sur la position de la capitale. Chappe même n’y sé- journa que quatre jours; il n’y fit aucune obser- vation astronomique, et celles que M. Alzate lui communiqua n’étoient pas faites pour ré- soudre le problème en question. Cet ecclé- siastique mexicain , que l'académie de Paris avoit nommé un de ses correspondans, avoit plus de zèle que de solidité dans ses recher- ches. IL embrassoit trop de choses à la fois. Ses connoissances étoient bien inférieures à
Ephemerides astronomicæ , a Triesneker , 1803.
38 INTRODUCTION
celles de Velasquez et Gama, deux de ses compatriotes dont le vrai mérite n’a pas été assez reconnu en Europe. Don Jose Antonio Alzate, et Ramirez dans sa carte de la Nou- velle - Espagne publiée à Paris, placent Mexico à 104° g’ 0” —6h 56’ 56”. M. de Lalande trouve , par le passage de Vénus ob- servéen 1769 par Alzate ,6h 50’ 1”: M. Pingré trouve 6h 49’ 43”. Une éclipse de lune ob- servée en 1769 par Alzate, donne, en ne calculant que la fin par les anciennes tables lunaires, 6! 37’ 7”. Cassini ' déduit de deux immersions de satellites de Jupiter observées par Alzate en 1770, et comparées aux an- ciennes tables par un milieu, 101° 25’ — Gt 45! 9”.
Dans un mémoire qu’Alzate a publié sur la géographie de la Nouvelle-Espagne *, il as- sure que la longitude. de Mexico , fondée sur des observations de satellites , est de6" 46’ 50”.
Mais , en 1786, dans une note qui accom- pagne le plan des environs du Mexique dressé par Siguenza et gravé à Mexico, Alzate établit
1 Voyage en Californie, 1772 , p. 104. 2? Gaxetla de Mexico, 1772, n.° 95, p. 56.
ux de ses ’a pas été > Antonio e la Nou- placent 7. M. de énus ob- I. Pingré lune ob- , en ne es tables de deux bservées \UX an- 25/ —
é sur la *, il as- dée sur 6’ 50”. accom- dressé établit
GÉOGRAPHIQUE, 39
la longitude de 100° 30’ 0” = 6h 42/0”, en ajoutant que ce dernier résultat, le plus sûr de tous , se fonde sur plus de vingt - cinq éclipses de satellites communiquées à l’aca- démie de Paris,
Voilà, par conséquent , une différence de plus de deux degrés qu’offrent les diverses observations de M. Alzate , en excluant même le résultat déduit de l'éclipse de lune du 12 décembre 1769. Il est à présumer que l’obser- vateur n’a pas été exact dans la recherche du temps. Peut-être aussi que la longitude établie par les satellites est trop orientale , parce que lon n’a pas séparé les éclipses du premier satellite, decelles du troisiemeet du quatrième.
La fausse position que l'or a attribuée si long -temps à la capitale de la Nouvelle- Espagne eut un effet bien remarquable lors de l’éclipse de soleil du 21 février 1803 ; elle fut totale et consterna le public, parce «ue les almanachs du Mexique, calculés sur la
Supposiion de 6h 49’ 44” de longitude,
1 Plano de les cercanias de Mexicer por Don Carlos
de Sisuenza » reimpreso en 1 786 con alounas adiciones de Don Jose Alzate (en la imprenta de Don Frarne cisco Rangel),.
ho INTRODUCTION
l'avoient annoncée comme à peine visible. Le savant astronome de la Havane, Don Antonio Roberedo, a recalculé cette éclipse d’après mes observations de longitude ‘. Il trouve que l'éclipse n'auroit pas été totale, si la longitude de Mexico étoit plus occidentale que 6h 46’ 35”, 4 — 101° 58’ 49.
La latitude de la capitile de Mexico est restée pendant long-temps aussi probléma- tique que sa longitude. Du ïemps de Cortes, les pilotes espagnols la tixèrent à 20° o”, comme le prouve la carte de Californie des- sinée par Domingo de Castillo en 1541, et publiée dans l'édition mexicaine des lettres de Cortes *. Cette latitude a été conservée par d’Anville et d’autres géographes. Jean Covens , qui a augmenté la longitude de Mexico de sept degrés, lui assigne aussi une position trop boréale de 1° 43’. Dans le voyage de Chappe , on adopte, d’après Alzate, 19° 54’ de latitude. Don Vicente Doz, connu
1 Historia de Nueva España escrita por Hernan Cortez, aumentada por El. Illustr. Senor Don Fran cisco Antonio de Lorenzana. Mexico, 1770, p. 328.
2 Aurora o correo politico economico de la Havana, 1804, n.° 219, p. 13.
visible. Le n Antonio se d'après Il trouve ale, si la ccidentale La
lexico est robléma- e Cortes, \ 20° o”, >rnie des- 1541, et es lettres ‘onservée hes. Jean itude de aussi une Dans le s Alzate, Z, connu
or Hernan Don Fran >, p. 328. Havana,
GÉOGRAPHIQUE. 41
par ses observations en Californie, trouva, par un quart de cercle, 19° 21/ 2”; mais, dès l'année 1778, Velasquez et Gama fixèrent la vraie position. Don Jose Espinosa trouva, en février 1790, par un sextant de huit pouces de rayon , la cathédrale de 19° 25’ 25” de latitude. M. Galeano obtint , en 1791, par de plus grands instrumens, 19° 26/ 00”.
VERA-CRUZ.
Latitude, 19° 11/ 527. Longitude, 6" 33’ 56” —98° 29’ 0”. Cette longitude est déduite d’une occultation d'étoile observée par M. Ferrer, et calculée par M. Olimanns, de trois éclipses du premier satellite, ei de la longitude que mes observations assignent à la Havane, et qui a été rapportée par le transport du temps à Vera-Cruz. Il faut observer que jindique la position dela partie la plus boréale de la ville, l'observatoire de M. Ferrer étant la maison de Don Jose Ignacio de la Torre, qui est de 30” à l'ouest du fort de Si. Juan d'Ulua.
Cette longitude indiquée ci- dessus est
1 Gazetta de Mexico, 1772, p. 56.
42 INTRODUCTION
presque identique avec celle qui a été trouvée par Don Mariano Isasvirivil et par d’autres officiers de la marine espagnole. Elle n’est que de cinq minutes en arc plus occidentale que celle quise trouve indiquée sur la carte du golfe du Mexique, publiée en 1799 par le Bureau des travaux hydrographiques de Ma- drid. M. Antillon la fixe à 98° 23’ 5”; la Connoissance des temps pour l'an 1808, à 98° 21’ 45”. Don Thomas Ugarte, chef d’escadre au service du roi d'Espagne, a rapporté par le transport du temps , la Vera- Cruz à Porto-Rico. Il assigne au premier port 98° 39’ 45”. M. Ferrer déduisit, en 1791 et 1792, la longitude de Vera-Cruz d' oixante séries de distances de la lune au soi et aux étoiles : il obtint alors en terme moyen 98° 18’ 15”. Mais il seroit infiniment inté- ressant de publier le détail de ces observa- tions, pour les recalculer d’après les tables de Bürg. On peut faire là même considération par rapport aux résultats publiés dans le voyage de Vancouver.
La ville de Vera-Cruz d'ailleurs a eu le même sort que Mexico et tout le nouveau continent. On les a crus de soixante, même
té trouvée r d’autres Elle n’est ccidentale r la carte
99 par le »s de Ma- >! 5”; la 1608 , à le, chef agne , à la Vera- nier port | 1791 et
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GÉOGRAPHIQUE. 43
de cent quarante lieues plus éloignés des côtes de l'Europe qu'ils ne le sont effectivement. Jean Covens placa Vera-Cruz par 104°45/ o”; Alzate, dans sa carte de la Nour elle-Espagne, à 101° 50/.M. Bonne se plaint, avac raison, du peu d'accord que présentent les obser- vations astronomiques faites à Vera - Cruz. Après une longue discussion, il s'arrête à 99° 37’. C'est presque la même longitude qu'adoptoient d’Anville et le Neptune fran- cois' : c'est celle à laquelle les astronomes anglois ont long-temps donné la préférence. Les tables de Hamilton Moore indiquent 99° 49’ 47” ; mais M. Arrowsmith (carte des possessions espagnoles , 1803 ) la fait déjà de 98° 40’, et neuf ans plutôt, M. Thomas Jef- lerys, géographe du roi d'Angleterre, de 1002 23/ 477.
Si l’on commit anciennement l'erreur d’as- signer aux ports de l'Amérique des longitudes trop occidentales, l'abbé Chappe? présenta un résultat qui pécha dans le sens contraire; il déduisit de la marche de son garde-temps
* Atlas pour l'ouvrage de l’abhé Raynal, p. 11.
3 Voyage en Californie, p. 102.
AA INTRODUCTION
la longitude de 97° 18’ 15”. Si cet obser-- vateur, plus zélé qu’exact, eùt pu prendre des distances de la lune au soleil , il se seroit aperçu de l’erreur de plus d’un degré, dans laquelle il avoit été induit par un excès de confiance en son chronomètre.
L'observation astronomique la plus an- cienne faite à la Vera-Cruz ( au château Saint- Jean de Ulua) est sans doute, celle de l’éclipse de lune de l’année 1577. En comparant la fin de cette éclipse avec une observation corres- pondante faite à Madrid , M. Oltmanns trouve une différence de méridiens de 6h 26’, et par conséquent pour la Vera-Cruzla longitude de 102° 30’ ‘.
L'abbé Chappe trouvala latitude 19° 9’ 38”*, position &e trois minutes trop australe. J'ai examiné le petit quart de cercle de Chappe qui est resté au Mexique entre les mains du père Pichardo; il ne faut pas s'étonner qu'avec un instrument aussi imparfait, les observations aient été si peu exactes. D’autres géographes placcient jadis V sra-Cruz de 20’ trop au sud.
1 Mémoires de l’académie pour l’année 1726. 2 Voyage en Californie, p. 103.
cet obser.- u prendre il se seroit egré, dans | excès de
plus an- feau Saint- le l’éclipse rant la fin On COrres- ins trouve h 26’, et longitude
°g' 28”?, rale. J’ai > Chappe mains du r qu'avec ervalions graphes
p au sud.
726.
GÉOGRAPHIQUE. 45
La carte de la Nouvelle - Espagne d’Alzate indique même une lititude de 18° 50! O7.
ACAPULCO.
Ce port, le plus beau de tous ceux des côtes du grand Océan, est, selon mes observations (à la maison du Contador Don Baltasar Alvarez Ordoûo), par 16° 50/ 29” de latitude, et par 6h 48' 247—102°6' 0” de longitude. Ceite position a été déduite par M. Oltmanns, de viigt-huit distances que j'ai prises de la lune au soleil. Celles du 27 mars 1803, calcu- lées d’après les tables de Bürg, ont donné 6h48’ 52”; celles du 28 mars, 6h 48 217.
La différence des méridiens de Mexico et Acapulco est, selon mon garde-temps, de 2’ 54” en temps. Or, Mexico ayant été trouvé, par le milieu de mes distances lunaires e 6h 45 42” de longitude, il résulteroit, en excluant toute autre espèce d'observation, pour Acapulco 6h 48’ 487. Une incertitude de 19” en temps est bier: petite pour la com- paraison de deux longitudes conclues de simples distances de la lune au soleil. J’avois
AD INTRODUCTION
trouvé en 1805, par les tables lunaures de Mason, Acapulco de 102° 8’ 9.
Cette disposition differe peu de celle qu'in- dique l’atlas qui accompagne le voyage des navigateurs espagnols au détroit de Fuca, ei qui est de 101° 57’ 50” de longitude et de 16° 50/0” de latitude. Cet atlas se fonde sur les opérations de l'expédition de Malaspina. Cependant M. Antillon, dans un excellent mé- moire cité plus haut , présente un résultat tiré de ces mêmes opérations, qui diffère de près d’un tiers de degré. 1] assure que les obser- vaüons faites en 1791 par les astronomes em- barqués sur les corvettes la Descubierta et la Atrevida , fixerent Acapulco par 102°21/0” de lonsitude, résultat qui me paroît moins «xact, quoique plus conforme aux manuscrits que ces navigateurs ont laissés au Mexique. Ils conclurent eux-mêmes de huit séries de dis- tances lunaires , 102° 26’, d’une immersion de premier satellite, 102° 20’ 40”, et du trans- port du temps’ depuis Guayaquil, 102° 22/ 0”;
1 Cette longitude chronométrique de 102° 22! se trouve aussi sur le plan détaillé du port d’Acapulco, dressé par lexpédition de Malaspina, et copié à l'Audience du pilotage de Lüna.. Il paroit, en cffet,
inaures de
clle qu'in- oyage des Fuca, et ude et de fonde sur Malaspina. “ellent mé- ssultat tiré re de près les obser- omes em- jerta et la 02°21/0” oit moins nanuscrits xique. Ils
du trans- 2°22/0/;
GÉOGRAPHIQUE. 47
harmonie admirabie, mais peut-être apparente, à cause des erreurs des anciennes tables de la lune. D'ailleurs, la longitude qu’on déduisit en 1794 des opérations faites à bord du bri- gantin Activo , fut tout aussi occidentale. Cette expédition examina les côtes de Sonzonate et de Soconusco ; elle fixa la longitude d’Aca- pulco à 102° 25” 50”: j'ignore absolument sur quel genre d'observations cette longitude se fonde.
Une note écrite de la main d’un des astro- nomes de l’expédition de Malaspina et laissée à Mexico, apprend qu'on crut alors pouvoir conclure de quelques éclipses de satellites observées à la fois à la capitale et à Acapulco, une différence de méridiens de 2/ 21” en temps. En placant, avec les nouvelles cartes du Deposito hidrogri/ico, Acapulco à 102° 0”, on trouveroit Mexico 1019 2%/ 45”, ce qui est, à moins de sept cents loises près , la même
que les astronomes de cette expédition avoient d’abord
adopté des positions beaucoup plus occidentales que celles auxquelles s’est arrêté depuis le Dépôt des travaux hydrographiques de Madrid. La différence monte pour Acapulco à 20', pour Guayaq pour Panama et Kealexo à 18’ en arc.
a 16",
48 INTRODUCTION
longitude que donne le milieu de toutes mes opérations. J’ose douter cependsnt de l’exac- titude avec laquelle la distance de la capitale à Acapulco a été conclue ; ells est probablement plus grande que 2’ 21”, quoique peut-être un peu moindre aussi que les 2’ 54” que donna mcn garde-temps, fatigué par cinq années de marche, et ayant passé rapidement, dans un terrain aussi montagneux, des cha- leurs extrêmes de la côte aux frimas de Gu- chilaque, c'est-à-dire, d’une température de 36° à une autre de 5° du thermomètre cen- tigrade.
Anciennement on placa Acapulco à quatre degrés plus à l’ouest dans la mer du Sud. Jean Covens et Corneille Mortier, dans leur carte de l'archipel des Antilles, font la longitude d’Acapulco 106° 10’ 0”. Les anciennes cartes du Dépôt de 1a marine la font 104° o’.Cette longitude est devenue peu à peu plus orien- tale. Bonne, dans le Mémoire géographique qui est joint à l'ouvrage de Raynal, s'arrête à 105° 0’ : Arrowsmith, en 1803, la fait de 102° 44”.
La Connoissance des temps pour l'an 1808 fixant Acapulco assez bien en longitude
oules mes de l’exac- capitale à ablement peut-être
54” que par cinq idement, des cha- s de Gu- rature de ètre cen-
à quatre ud. Jean eur Carte ongitude es cartes D’. Cette 1S Orien- aphique
s'arrête 1 fait de
an 1808 ngitude
GÉOGRAPHIQUE. 49
(102° 19’ 50”), lui assigne une latitude trop australe de 10’. Cette erreur est d’autant plus frappante, qu'avant l'expédition de Malaspina On placa ce port à 17° 20” ou 17° 30’, comme le prouvent les cartes de d’Anville et celles du Dépôt de la marine. Cependant, Covens en fait la latitude 16° 7”, tandis qu’en 1540 le pilote Domingo de Castillo l’avoit reconnue de 17° 25’. Du temps de Hernan Cortez, on crut la capitale de Mexico de trois degrés à l'ouest d’Acapulco, presque nord au sud avec le port de los Angeles. Peut-être que les cartes que les Mexicains mêmes avoient cons- truites de leurs côtes, et que l’empereur Montezuma présenta aux Espagnols, influèrent sur cette position. Moi-même j'ai remarqué , parmi les manuscrits hiéroglyphiques de la collection de Boturini conservés au palais du vice-roi du Mexique , un plan très-curieux des envireus de la capitale. Je dois ajouter que , long-temps avant que l'expédition de Malaspina fit ses Opérations à Acapulco , les personnes qui s'occupoient d'astronomie à Mexico admettoient, comme certain , que la capitale et le port étoient dans le même mé- ridien.
1. 4
bo YNTRODUCTION
Route de Mexico à Acapulco.
Après avoir fixé la position des trois endroits principaux du royaume, jetons un coup- d'œil sur les deux chemins qui vont de la capitale à la mer du Sud et à l'océan Atlan- tique. On poufroit nommer le premier, le chemin d'Asie, et l’autre celui d'Europe ; ces dénominations désigneroient la direction du commerce maritim< de la Nouvelle-Espagne. J'ai déterminé, sur ces deux routes infiniment fréquentées, dix-sept points, soit en latitude, soit en longitude.
Village de Mescala. J'en ai trouvé la lati- tude par la culmination d’Antarès, 17° 56’ 47, et la longitude par le garde-temps, 6h 47’ 16”, en supposant Acapulco 6h 48’ 247. La ville de Chilpanzingo, d’après des angles pris à Mes- cala, paroît se trouver par 17° 56’ de latitude et par 6h 46’ 55” de longitude.
Venta de £'stola. Maison solitaire au milieu d’un bois près d’une belle fontaine. J’y ai pris quelques hauteurs de soleil : le chronomètre donna 6h 46’ 56” de longitude.
Villagede Tepecuacuilco. Latitude trouvée
apulco.
s trois endroits ns un Coup- pui vont de la l'océan Atlan- e premier , le d'Europe ; ces à direction du velle-Espagne. ites infiniment ten latitude,
trouvé la lati- es, 17° 56/ 47,
xs , 6h47’ 16”,
47. La ville de es pris à Mes- 6’ de latitude
aire au milieu ine. J si ai pris
chronomètre
htude trouvée
% LA À va Est ; eq oi +
GÉOCRAPHIQUE. 51
par la méthode de Douwes, incertaine à 3/ prés, 18° 20/ 0”.
Village de Tehuilotepec. Longitude , 6h 47" 127. De doubles hauteurs de soleil m’ont donné 18° 55’ 0”; mais cette latitude , déter- minée sous des circonstances peu favorables , est incertaine de six à sept minutes. La po- sition de cet endroit est intéressante à cause de la proximité des grandes mines de Tasco.
Pont d’Zstla, dans les grandes plaines de S. Gabriel. Je le trouvai 18° 37’ 41” de lati- tude , et 6h 46 19” de longitude.
Village de San Augustin de las Cuevas. Longitude, 6" 45’ 46”. Latitude, 19° 18 57. Ce village termine à l'ouest la grande vallée du Mexique.
Il sera utile , pour la connoissance détaillée du pays, d'ajouter les distances que les indi- gènes, surtout les muletiers qui vont, pour ainsi dire, en caravane à la grande foire d'Acapulco, comptent d’un village à l’autre. Connoissant la vraie distance de la capitale au
port, el supposant un tiers de plus pour les
détours dans un chemin assez droit et d’un accès facile , on trouvera la valeur des lieues usitées dans ces contrées. Cette donnée est
4"
ba INTRODUCTION
intéressante pour les géographes qui, dans des régions peu visitées, doivent tirer parti de simples journaux de route. Il est évident que le peuple raccourcit les lieues à mesure que les difficultés du chemin augmentent. Cependant, sous des circonstances égales, on peut avoir quelque confiance dans les ju- gemens que les muletiers portent sur les grandeurs comparatives; ils ignorent si leurs bêtes de somme font deux ou trois mille mètres dans l’espace d'une heure, mais une longue habitude leur a enseigné :i une dis- tance est le tiers, ou le quart, ou le double de l’autre.
Les muletiers mexicains évaluent le chemin d’Acapulco à Mexico à cent dix lieues. Ils comptent d’Acapuic : «u Passo d’Aguacatillo, 4 lieues; el Limon, 3 lieues ; los dos Aroyos, 5; Alto de Cama on, 43; la Guarita de los dos Caminos, 3 ; la Moxonera, :; Quaxiniqui- lapa, 2 +; Acaguisotla, 4; Masatlan , L ; Chilpansingo , 4; Zumpango, 3; Sopilote, 4 ; Venta vieja, 4 ; Mescala , 4 ; Estola, 5; Palula,
1; la Tranca del Conexo, 1 + ; Ouagolotal, 1 ; Tuspa ou Pueblo nuevo, 4 ; los Amates, 3;
Tepetlalapa, 5; Puente de Zstla , 4; Al-
ui, dans rer parti t évident à mesure rmentent. ‘gales, on s les ju- t sur les it si leurs ois mille mais une | une dis-
le double
le chemin lieues. Ils ruacatillo ,
atlan , 4; [9 ilote , 4 H 5 ; Palula, olotal, 1 ;
ates, 3;
4 ; At
2 AP LE OO ER
GÉOGRAPHIQUE. 53
puyeco, 6; Xuchitepeque, 2; Cuernavaca , 2; S. Maria, 5; Guchilaque , 2 +; Sacapisca , 2 ; la Cruz del Marquès, 2; el Guarda, 2; Axusco, 2; San Augustin de las Cuevas, 3; Mexico, 4. Dans ce journal de route, les nombres indiquent de combien de lieues un endroit est éloigné de celui qui précède im- médiatement. D’autres journaux que l’on dis- tribue aux voyageurs qui arrivent par la mer du Sud , soit des îles Philippines, soit du Pérou, évaluent la distance totale à 104 ou 106 lieues. Or, elle est en ligne droite, d'après mes observations , de 151,766 toises. En l’auginentant d’un quart pour les détours, on auroit 189,798 toises, ou 1725 toises pour une lieue du pays.
Route de Mexico a lera-Cruz.
J'ai déterminé sur cette route treize points, soit par des moyens purement astronomiques, soit par des opérations géodésiques, surtout par des azimuths et des angles de hauteurs. M. Oltmanns a conclu de mes observations la position de la Venta de Chalco, au bord oriental de la grande vallée de Tenochtitlan,
54 INTRODUCTION
19° 16’ 8” ; celle de la Puebla de los Angeles (près de la cathédrale), 19° 0’ 15” de lati- tude, et 6h 41’ 31” ou 100° 22’ 45” de lon- gitude ; de la Venta de Sotto, 19° 26’ 30”; du village de Perotte, près de la forteresse du même nom, 19° 53’ 37” de latitude , et 6! 38’ 15” de longitude ; du village de las Vigas, 19° 37’ 10”; enfin la position de la ville de Xalappa, 19° 30’ 8” de latitude, et 6h37’ o” ou 99° 15/ 0” de longitude. Don Jose Joacquin Ferrer qui, long-temps avant moi, a déterminé plusieurs points dans les environs de Vera-Cruz et Xalappa, a trouvé, pour la dernière ville , 19° 31’ 10” de latitude et 99° 15’ 5” de longitude. Nous avons, tous les deux, observé près du couvent de Saint- François. Dans cette région fertile et cultivée, quatre montagnes, dont trois sont perpétuel- lement couvertes de neige, méritent la plus grande attention. La connoissance de leur position exacte sert à lier plusieurs points intéressans. Les deux volcans que l'on dis- tingue par les noms de la Puebla ou de Mexico ( le Popocatepetl et l'Iztaccihuatl), ont été appuyés à la capitale et à la pyramide de Cholula. Je trouve pour le Popocatepetl,
; Angeles * de lati- » de lon- 26!’ 30’; forteresse itude , et ge de las ion de la latitude , ude. Don nps avant dans les a trouvé, le latitude ons, tous de Suint- cultivée, erpétuel- nt la plus
rs points l’on dis- le Mexico
+5
Sn, Th
GÉOGRAPHIQUE. 55
18 59/ 47” de latitude, et 6" 43/ 33” ou 100° 53’ 15” de longitude; pour la Sierra Nevada ou l’Istaccihuatl, 19° 10’ 0” de lati- tude, et6l 43/ 40” ou 100° 55 0” de longitude. M. Costanzo avoit conclu d’une série d’opé- rations géodésiques , 19° 11” 45” pour la latitude de l’Iztaccihuatl, et 19° 1’ 54” pour celle de Popocatepetl. Les opérations de cet ingénieur ayant été faites par le moyen d’une boussole, et la déclinaison magnétique étant dépendante d’un grand nombre de petites causes locales, il faut s’étonner de l'exactitude des résultats qui ont été obtenus. Ces deux montagnes colossales , de même que le Pic d'Orizaba, étant visibles depuis le plateau de la pyramide de Cholula , j'ai tâché de déter- miner très-soigneusement la position de ce monument antique. Je trouve la chapelle qui couronne l'extrémité de la pyramide, par 19°2/6”delatitude et6h42' 14”ou 100°33/ 30” de longitude.
M. Ferrer avoit conclu la position du Coffre de Perote des opérations géodésiques faites depuis l’Encero et Xalappa : il trouva 19° 29’ 14”. Je suis parvenu, maloré la rigueur de la saison, à porter desinstrumens,
56 INTRODUCTION
le 7 février 1804 , à la cime de cette montagne, qui est de 584 mètres plus élevée que le Pic de Ténériffe. J'y ai observé la hauteur méri- dienne du soleil , qui a donné pour l’Alto de los Caxones (43” en arc plus au nord de la cime ou Penña del Cofre ) 19° 29’ 40” de latitude. La longitude a été trouvée par M. Oltmanns, en se servant des angles que jai pris entre le Coffre et le Pic d'Orizaba, de 6h 37’ 55”, longitude qui ne diffère de celle fixée par M. Ferrer que de 26” en temps.
La connoissance exacte de la position du Pic d'Orizaba est surtout importante pour les navigateurs lors de leur attérage à Vera- Cruz. La carte du golfe du Mexique publiée en 1799 par le Dépôt hydrographique de Madrid , place cette montagne d'un degré trop à l’est, par 100° 29’ 45” de longitude. Des angles de hauteurs et d’asimuths que j'ai pris, ont donné à M. Oltmanns 19° 2’ 17” de latitude ; et 99° 35’ 15” ou 6" 58’ 21” de longitude. Mais, long-temps avant moi, des marins espagnols ont connu la vraie position du Pic d'Orizaba. Il paroît que l'erreur de la carte du Seno Mexicano, qui a passé dans
1ontagne, ue le Pic eur méri- l’Alto de ord de la ) 4o” de uvée par angles que Orizaba , liffère de
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sition du e pour les à Vera- e publiée ique de n degré ongitude. s que j'ai O 2 / 197 ÿ/ 21” de moi , des position eur de la ssé dans
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>
à
GÉOGRAPHIQUE. 57
la carte francoise ', doit être attribuée à quelque méprise accidentelle de la part du graveur. Aussi se trouve-t-elle corrigée dans l'édition que M. Bausa a faite en 1805. Le nom de la capitale de Mexico y est effacé, etle Pic d'Orizaba y est placé par 99° 47’ 50” de longitude. M. Ferrer fixe cette montagne, comme le prouvent des manuscrits que je possède , et qui ont été rédigés en 1795, par 19° 2/ 1” de latitude, et 99° 35’ 55” de longitude. Le même résultat fut aussi obtenu par M. Isasvirivil, dont j'ai eu occasion de reconnoître la grande exactitude, ayant ob- servé avec lui à Lima et au Callao en 1802.
Il paroît étonnant.que, pour cette partie de la Nouvelle-Espagne que nous analysons, la carte la plus récente, celle qui porte le nom d’un auteur justement estimé , soit la plus fausse de toutes. Je parle de la grande carte angloise qui porte le titre : Chart of the West-Indies and Spanish dominions in North- America , by Arrowsmith, publiée en juin 1803. Depuis Mexico jusqu'à Vera-Cruz, les
1 Carte des côtes du golfe du Mexique, d’après les observations des Espagnols.
58 INTRODUCTION
noms y paroissent jetés au hasard. La position du Pic d’Orizaba y est indiquée d’une manière qui peut être dangereuse pour les navigateurs. La table suivante présente les positions des points principaux, tels que cette carte , d’ail- leurs très-belle , les indique. J’y ai ajouté le résultat de mes observations astronomiques. Les longitudes y sont comptées à l'est de la ville de Vera-Cruz, pour ne pas faire entrer dans cette comparaison la position absolue du dernier port.
position manière g'ateurs. ons des >, d’ail- jauté le miques. st de la e entrer absolue
RO RE PERS
GÉOGRAPHIQUE. 59
| CARTE D'ARROWSMITH.
Latitude.
!
La, 2° 25'
| di Orizaba. 19 5o'
Volcan de:
o 6! Tlascala 19 54
RÉSULTATS des
OBSFRVATIONS ASTRONOMIQUES.
Latitude. Longitude,
Mexico
Popocatepec..
Puebla 1° 53" 45/'
Pic d’Orizaba. d 1° 615"
Perotte. .....
Xalappa. .…
Cordoba
Les erreurs de latitude sont, par consé- quent, de plus d’un denu-degré. Il est difficile de deviner ce qu’on a oulu désigner dans cette carte d'Arroswsmith, par les trois mon- tognes nommées Orizaba, False Orizaba et
6o INTRODUCTION
volcan de Tlascala. Elles sont toutes indiquées au nord-ouest du port de Vera-Cruz, tandis que le vrai Pic d'Orizaba (et les Mexicains n’en connoissent qu'un seul, appelé dans la langue aztèque le Citlatepetl) est au sud-ouest de Vera-Cruz, entre la ville de Cordoba et les villages de San Andres, San Antonio, Huatnsco etS. Jean Cocomatepec. On a ajouté au False Orizaba la note « visible au large, à quarante- cinq lieues de distance. » Or, le Citla- tepetlest la cime que les navigateurs voient la première en s’approchant des côtes de la Nouvelle-Espagne; par conséquent, on pour- roit croire que le savant géographe anglois l'ait nommé False Orizaba. Mais, en ce cas, la latitude de cette montagne probléinstique seroit fausse d’un degré, et l'Orizaba seroit à sept lieues marines au nord de la ville de Xalappa, tandis que dans la réalité il en est à douze au sud-sud-ouest : ou bien le Pic d'Orizaba d’Arrowsmith seroit-il le Coffre de Perotte? Mais encore le Coffre est au sud-est, et non au nord-ouest du village de Pcrotte. Cette fable de deux montagnes appelées Orizaba se trouve d’ailleurs déjà dans Atlas
de Thomas dJeflerys ( 7he Vest- Indian
j indiquées uz, landis Mexicains
lé dans la
sud-ouest ordoba et Antonio , 'n a ajouté u large, à r, le Citla- irs voient tes de la on pour- e anplois n ce cas, émotique ba seroit ville de il en est n le Pic Coffre de 1 sud-est, Pcrotte. appelées 15 l'Atlas - {ndian
TPS
GÉOGRAPHIQUE. G1
Atlas, London 1794), où l’on à prétendu donner des renseignemens détaillés sur le chemin de Vera-Cruz à Mexico. Les latitudes y Sont fausses de 56’. La différence en lon- gitude entre le port et la capitale y est indiquée de 2° 29’, au lieu de 3° 38/ que donne la carte d'Arrowsmith, et au lieu de 2° 56’ 50” qui résultent de mes observations astronomiques. De même il est peu probable que le volcan de Tlascala indiqué dans cette nouvelle carte angloise , soit la Sierra de Tlascala, appelée dans le pays Malinche ; car cette Sierra n’est ni si remarquable par son élévation, ni très-éloionce de la Puebla. Cette confusion est d’autant plus étonnante, qu'en 1803 on pouvoit connoître à Londres les belles observations de Don Jose Joacquin Ferrer, publiées ‘ en 1798, comme aussi les
3 Éphémérides géographiques de M. de Zach » 1798, Tom. Il, p. 395. C’est en suivant cet ouyrage que je cite les résultats obtenus par M. Ferrer. Ils dif- férent quelquefois de ceux qu’indiquent les manuscrits que, vraisemblablement d’après des calculs moins soignés, cet excellent et infatigable observateur avoit rédigés sur les lieux mêmes, et dont je conserve les copies, J'ai cru devoir faire cette observation pour
G2 INTRODUCTION
cartes dressées par le Deposito ludrografico de Madrid; mais M. Antillon même, place en 1802, dans sa carte de l'Amérique sep- tentrionale , la Puebla de 52’ trop au sud.
Points situës entre Mexico, Guanaxuato
et l’alladolid.
J'ai déterminé dans deux excursions que j'ai faites, l’une aux mines de Moran et aux cimes porphyritiques (organos) d'Actopan, l’autre à Guanaxuato et au volcan de Jorullo dans le royaume de Méchoacan, la position de dix points dont les longitudes se fondent presque toutes sur le transport du temps. Ces points m'ont servi à présenter avec quelque exactitude une grande partie des trois intendances de Mexico, de Guanaxuato et de Valladolid. La longitude de la ville de
Guanaxuato a été vérifiée par des distances
ceux qui, après s'être procuré des copies de mes travaux, s’étonnent peut-être d’y trouver des nombres différens des positions que je publie en ce moment. Ce n’est qu'après avoir calculé soigneusement toutes les observations, que l’on peut s'arrêter à un résultat exact.
drografico me, place que sep- ) au sud.
inaxuato
‘sions que an et aux "Actopan, le Jorullo la position e fondent lu temps. ter avec artie des anaxuato la ville de distances
es de mes es nombres e moment.
ent toutes un résultat
GÉOGRAPHIQUE. 63
de la lune au soleil. Sa latitude, déduite de l'observation de x de la Grue , est de 21° 0’ 9”. Fomalhaut m’a donné 21° 0’ 28”, et 5 de la Grue, 21° 0’ 8”. Les pères jésuites, dans leur carte gravée à la Puebla, en 1755, placèrent Guanaxuato par 22° 50’ de latitude, et 112° 30’ de longitude, erreur de 9°. M. Ve- lasquez, qui a observé les satellites de Jupiter à Guüanaxuato , trouve cette ville 1° 48’ à l’est de Mexico, mais à 20° 45’ o” de latitude, comme le prouve sa carte manuscrite de la Nouvelle-Espagne. Cette erreur de latitude est d'autant plus extraordinaire, que la diffé- rence en longitude qu'ilindique est, à 1/ en arc près, la même que celle qui résulte de mes observations.
Latitude de Toluca par «x de la Grue, 19° 16’ 24”; par Fomalhaut, 19° 167 3. J’ai tâché, autant qu'il étoit possible, d'observer constamment les mêmes étoiles pour dimi- nuer l'erreur qui résulteroit de l'incertitude de la déclinaison.
La position de Nevado de Toluca, la latitude de Patzquero , ville située au bord du lac du même nom, celles de Salamanca, S. Juan del Rio et de Tisayuca, se fondent
6/4 INTRODUCTION
sur des observations incomplètes. Il y a des circonstances sous lesquelles la méthode de Douwes ne donne que des résultats peu exacts; mais dans un pays qui présente si peu de points fixes, il faut souvent se con- tenter d’une simple approximation. Je crois pouvoir assurer que les longitudes de Que- retaro, de Salamanca et de San Juan del Rio méritent toute confiance.
Dans la vallée de Mexico même, il existe plusieurs points très-importans dont la position a été déterminée par Velasquez, le célèbre géomètre mexicain du dix-huitième siècle. Cet homme infatigable exécuta, en 1775, un grand nivellement joint à un travail trigo- nométrique, pour prouver que les eaux du lac de Tezcuco pouvoient être conduites au canal de Huehuetoca. M. Oteiza a bien voulu calculer pour moi ces triangles de Velasquez, dont je possède les manuscrits. M. Oltmanns vient de répéter ces mêmes calculs; il a assujéti les positions des signaux à la latitude et à la longitude que nous adoptons aujourd’hui pour le couvent de St. Augustin de la capitale de Mexico. Ce sont ces résultats obtenus par M. Oltmanns, que contient le tableau des
y a des hode de ats peu sente si se con- Je crois
le Que-
lan del
l'existe J0sition célèbre siècle.
1775; Ltrigo- aux du iles au à voulu squez, manns ssujéti et à la pour ale de s par u des
GÉOGRAPHIQUE. 65
positions géographiques. Il ne reste aucun doute sur les distances obliques; mais le manque d'observations d’azimuths rend un peu incertune la réduction des perpendi- culaires ou des différences en latitude et en longitude. Nous reviendrons sur cet objet dans l’analyse de la carte des environs de Mexico.
Les dix-sept positions fixées par M. Ferrer dans les environs de Vera-Cruz dépendent de la longitude de ce port. Cette longitude ayant été supposée par moi de 10’ 45” plus occi- dentale que ne l'indique l’astronome espagnol, jai cru devoir réduire au méridien de Paris les longitudes que M. Ferrer a publiées, en ajoutant 8° 47 15” ; car cet observateur avoit calculé ces distances lunaires, d'après la Con- noissance des temps , à une époque à laquelle on croyoit Cadix de 8° 36’ 30” à l'occident de Paris. C’est d’après ce même principe que j'ai aussi changé les longitudes absolues de Xalappa, du Coffre de Perotte et du Pic d'Orizaba, dont nous avons parlé plus haut. M. Ferrer place, par exemple, ce dernier pic par 90° 48’ 23” de longitude à l’ouest de
I. 5
66 INTRODUCTION
Cadix , tandis que, d’après ce même méridien,
il fixe la Vera-Cruz par 89° 41’ 457.
ANCIENNE ET NOUVELLE CALIFORNIE.
Provincias internas.
La partie nord-ouest de la Nouvelle-Es- pagne, les côtes dela Californie et celles que les Anglois appellent de la Nouvelle-Albion, offrent plusieurs points déterminés par les opérations géodésiques et astronomiques les plus exactes de Quadra , de Galeano et de Vancouver. Peu de cartes de l’Europe sont mieux relevées que celles de l'Amérique occi- dentale , depuis le cap Mendocino au détroit de la Reine Charlotte.
Cortez, après avoir fait faire deux voyages de découvertes en 1532 et 1533, par Diego Hurtado de Mendoza , Diego Becerra et Hernando de Grixalva , reconnut lui-même, en 1553, les côtes de la Californie et ce golfe qui, depuis cette époque , à juste titre, a
?Gomara, Hist., cap. 12.
e méridien,
57,
VELLE
jouvelle-Es- t celles que lle-Albion, nés par les omiques les leano et de urope sont
érique OCCI- b au détroit
'UX voyages
par Diego
Becerra et lui-même, et ce golfe te titre, a
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GÉOGRAPHIQUE. 67
porté le nom de la mer de Cortez'. En 1542, l'intrépide Juan Rodriguez Cabrillo poussa au nord jusqu'au 44° de latitude; les îles Sandwich furent découvertes par Juan Gaëtan; en 1582, Francisco Gali découvrit la côte nord-ouest de l’Amérique sous les 57° 30’ de latitude : de sorte que long-temps avant que l'intrépide Cook fit connoître cette partie du grand Océan qui lui coûta la vie, des navi- gateurs espagnols avoient visité ces mêmes régions. Mais souvent 1l ne dépend pas de celui qui fait des découvertes, qu'elles soient rapidement connues. Le mérite d’un simple citoyen est indépendant de la fausse politique d’un gouvernement qui, méconnoissant pen- dani quelque temps ses propres intérêts, empêcheroit la nation de jouir de la gloire qui lui est due. Cette matière, aussi intéres- sante que délicate, vient d’être traitée , avec beaucoup de discernement, dans l’introduc- tion historique du yoyage de Marchand et dans celle qui accompagne le précis des expéditions espagnoles entreprises pour la découverte du détroit de Fuca.
: Gomara, Hist,, cap. 12,
68 INTRODUCTION
L'observation du passage de Vénus en 1769, donna lieu au voyage de MM. Chappe, Doz et Velasquez, trois astronomes dont le pre- mier étoit Francois, le second Espagnol, le troisième Mexicain et, ce qui plus est, élevé par un Indien très-intelligent du village de Xaltocan. Cependant, avant l'arrivée de ces astronomes en Californie, les vraies latitudes du cap San Lucas et de la mission de St. Rose furent déjà trouvées par Don Miguel Costanzo, aujourd’hui brigadier et chef du corps d'ingé- nieurs. Cet officier respectable, qui s'occupe avecle plus grandzèle de la géographiedupays, trouva, par des gnomons et des octans anglois d’une construction tres-parfaite, San Jose, 28° 2 0”; le cap San Lucas, 22° 48’ 10”. On avoit cru jusqu'alors, comme le prouve la carte d’Alzate, San Jose par 22° o/ de latitude.
Le détail des observations de l'abbé Chappe, publiées par Cassini, n'inspire pas beaucoup de confiance. Muni d'un grand quart de cercle de trois pieds de rayon, Chappe trouva la latitude de San Jose par Arcturus, 25°4/ 1”; par Antarès, 25° 3’ 12”. Le milieu de toutes les observations d'étoiles differe du résultat tiré des passages du soleil par le méridien,
en 1769; ppe; Doz it le pre- agnol, le est, élevé village de ‘ée de ces s latitudes le St. Rose | Costanzo, rps d'ingé- 1 s'occupe hiedupays, ans anglois San Jose, / 10”. On prouve la de latitude. bé Chappe, beaucoup t de cercle trouva la 250 4! 1”; de toutes du résultat méridien,
GÉOGRAPHIQUE, 69
de 31”. Parmi les observations solaires, il y en a qui different les unes des autres de 1” 19. Cependant, M. Cassini les nomme « très- exactes et très-d’accord entr’elles'. » Je cite ces exemples, non pour décréditer des astro- nomes qui ont tant d'autres titres à notre estime, mais pour prouver qu’un sextant de cinq pouces de rayon auroit été plus utile à l'abbé Chappe que son quart de cercle de trois pieds de rayon, difficile à placer et à vérifier. Don Vicente Doz placa San Jose par 26° 5’ 15” de latitude. La longitude de ce village célebre dans les annales de l’astro- nomie, à été déduite du passage de Vénus et des éclipses des satellites de Jupiter, observés par Chappe et comparés aux Tables de Wargentin. M. Cassini la fixa par un milieu à 7! 28’ 10”, ou 112° 2’ 30”. Le père Hell admit pour San Jose, 9h 37’ 57”. La longitude qui résulte des observations de Chappe est de 3° 12’ plus orientale que celle adoptée en 1768 dans la carte d’Alzate”,
: Voyage en Californie, p. 106.
? Nouvelle Carte de l'Amérique septentrionale , dédiée à l'académie royale des sciences de Paris, par Don Joseph-Antoine de Alzate et Ramirez, 1768.
70 INTRODUCTION
Aussi M. Velasquez, l’astronome mexicain s’étoit fait construire un petit observatoire au village de Ste. Anne, où il observa seul le passage de Vénus, en communiquant le résultat de son observation à M. Chappe et à Don Vicente Doz. Ce résultat, publié par M. de Cassini, est tres-conforme aux obser- vations manuscriles que je me suis procurées à Mexico; il pourroit servir pour déterminer la longitude de Ste. Anne. D'ailleurs M. Velas- quez connoissoit, avant l'arrivée de l'abbé Chappe, l'énorme erreur de la longitude de la Californie; il avoit observé des éclipses de satellites de Jupiter en 1768 à la mission de Santa Rosa, et il communiqua aux astro- nomes européens la vraie longitude, avant que ceux-ci eussent pu exécuter aucune observation.
La position du cap San Lucas, appelé, du temps de Cortez, Punta de Santiago”, a été déterminée par les navigateurs espagnols.
1 Estado de la geografia de la Nueva Espana y modo de perfeccionar la per Don Jose Antonio de Alzsate. ( Periodico de Mexico , diciembre 1772,
n°7, p.55.) 3 Mapade California por Domingo de Castillo, 1541.
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GÉOGRAPHIQUE. 71
J'ai trouvé dans des manuscrits' conservés dis les archives de la vice-royauté de Mexico, et rédigés par ordre du chevalier d'Asanza, que M. Quadra avoit trouvé le cap S. Lucas par 22° 52’ de latitude, et de 4° 40” à l’occident du port de S. Blas, ce qui, en
1 M. Asanza, vice-roi du Mexique, avoit chargé M. Casasola, lieutenant de frégate de la marine royale, de réunir en quatre manuscrits tout ce qui a rapport aux navigations exécutées au nord de la Californie sous les vice-rois Bucarelli, Florez et Revillagigedo. Ces travaux consistent, 1.” dans un Atlas de vingt-six cartes, dressé sur les observations de MM. Perez, Canisarez, Galeano, Auadra et Malaspina ; 2.° dans un grand volume in-folio, qui porte le titre : Compendio historico de las Nuvigaciones sobre las costas septentrionales de California ordenado en 1799 en la ciudad de Mexico ; 3.° dans le Voyage à la côte nord-ouest de l'Amérique, exécuté par Don Juan Francisco de la Bodega y Quadra, commandant les frégates Santa Gertrudis, Aranzasa , Princesa, et la goëlette Activa, 1792; et 4.° dans un ÆReconocimiento de los quatro Estableci- mientos Jrussos al Norte de la California en 1788, expédition curieuse faite par ordre du vice-roi Florez, et décrite par Don Antonio Bonilla. Une partie de ces matériaux précieux ont été rendus publics dans la Relacion del Viage de las goletas Sutil y Mexicana , publiée à Madrid en 1802.
72 INTRODUCTION
plaçant S. Blas avec Malaspina à 107° 41’ 30”, donne, pour le cap le plus méridional de la Californie, 112° 21/ 50”. L'expédition de Malaspina fixa (selon M. Antillon) le cp S. Lucas par 22° 52’ de latitude, 112° 167 47” de longitude. Cette position chronométrique a aussi été adoptée dans l’atlas quiaccompagne le voyage des Espagnols au détroit de Fuca; elle est toutefois de 17’ 15” plus occidentale que celle publiée (j'ignore sur quelle autorité) dans la Connoissance des temps pour 1808. J'ai adopté entre San Jose ct le cap une différence de méridien de 14° 17”; mais il faut observer que ces deux points n’ayant pes été rapportés l’un à l’autre, mais ayant été fixe. chacun par des observations mdé- pendantes, il peut y avoir une erreur dans la distance. D'après des renseignemens que m'ont donnés des personnes qui ont visité ces lieux arides et déserts, il paroiît que H: différence de longitude est un peu plus grande. Du temps de Cortez, on crut le cap S. Lucas par les 22° de latitude et 10° 50! à l’ouest du méridien d’Acapulco, longitude relative qui est juste à un demi-degré près.
Les côtes de la Nouvelle-Californie ont
JAU 30”, lional de dition de ) le cp 20 167 47" métrique ‘ompagne de Fuca; ccidentale > autorité) our 1808. cap une ; mais il is n'ayant ais ayant ons Imdé- reur dans mens que ont visité oit que k peu plus rut le cap »t 10° 50/ longitude egré près. ornie ont
GÉOGRAPHIQUE. 73
été reconnues dans le plus grand détail par l’expédition espagnole des goelettes Sutil et Mexicana, entreprise en 1792, et depuis les 30° de latitude ou depuis la mission de S. Domingo, par l'expédition de Vancouver. Malaspina et l’infortuné La Peyrouse avoient aussi observé à Monterey. Quoique lon puisse supposer que la direction des côtes et les différences de longitudes des divers points soient parfaitement déterminées, on se sent pourtant embarrassé en fixant leurs /ongitudes absolues ; car les observations de distances lunaires faites par Vancouver, placent la côte 10rd-ouest d'Amérique de 28’ à l'est de la position en longitude que lui attribuent Cook et l'expédition de Malaspina'. Il seroit très- curieux d'examiner l'influence des nouvelles Tables lunaires de Bürg, sur ces observations du navigateur anglois. J'ai cru devoir donner la préférence à la longitude absolue de Mon- terey, déduite des opérations de Malaspina, non-seulment parce qu'elle se fonde sur des occultations d'étoiles et sur des éclipses
1 Voyage de Vancouver autour du monde, Tom. If, p. 46.
74 INTRODUCTION
de satellites, mais surtout parce que les observations espagnoles lient , pour ainsi dire, par le transport du temps, la Nouvelle- Californie à l’ancienne. Les corvettes la Discubierta et l’Atrevida, commandées par Don Alexandro Malaspina, déterminerent chronométriquement la différence de longi- tude entre Acapülco, S. Blas, le cap S. Lucas et Monterey. En adoptant la position plus orientale du dernier port, c'est-à-dire, celle qu'indique Vancouver, le séographe se trouve incertain sur le gisement des côtes plus méri- dionales. Pour éviter ces difficultés, j'ai placé Monterey, avec Malaspina, par 56° 55’ 45” de latitude et par 124° 25’ 45” de longitude”. La Peyrouse* l'avoit trouvé par des distances lunaires, 125° 54 0”; par le garde-temps, 1249 5’ 07°, Vancouver déduit, de 1200 distances de la lune eu soleil, la longitude
1 Analysis de la Carta de Antillon, 1803, p. 50.
2 Voyage , Tom. ENT, p. 304.
3M. Triesneker, en corrigeant le résultot obtenu par La Peyrouse , au moyen des observations lunaires de Greenwich, trouve, au lieu de 123° 34! 0”, la longitude de 123° 42° 12°", ( Zach, Corr., Tom. E,
p. 173.)
que les si dire, uvelle- ttes la ées par ainèrent e longi- S. Lucas on plus re, celle se trouve us méri- j'ai placé 55/ 45" oitude". listances - temps, e 1200 ngitude
', p. 50.
ot ohtenu s lunaires 40", la
Tom. I,
GÉOGRAPHIQUE. 79
de 123° 54’ 30”. Ce dernier ayant eu le loisir de relever le gisement des côtes avec la plus scrupuleuse exactitude, j'ai cru pou- voir m'en tenir aux différences de longitude qu’il indique entre Monterey et les missions de S. Diego, S. Juan, S. Buenaventura, S. Barbara et S. Francisco. De cette manivre, les positions de tous ces points ont été rapportées à celle de Monterey. Si, au con- traire, Javois tracé toute la côte nord-ouest d'après les seules observations de Vancouver , j'aurois dù être tenté de rendre plus orien- tale la longitude du cap S. Lucas. Il suflit ici d'avoir indiqué la différence frappante qui, malgré tant de travaux, subsiste encore entre les opérations angloises et les opérations espagnoles. J'ai lieu de présumer que les positions absolues auxquelles nous nous arré- tons pour Acapulco, S. Blas et le cap Lucas, sont assez justes, et que l'erreur de + 28 en arc existe plus au nord. Une fausse sup- position dans la marche diurne d’un garde- temps, et l’état des anciennes Tables lunaires de Mayer et Mason, peuvent avoir beaucoup contribué à cette erreur.
Après avoir discuté des posilions qui se
76 INTRODUCTION
fondent sur des opérations astronomiques faites par des observateurs exercés, je passe à celles qui doivent être regardées comme douteuses, soit à cause de limperfection des instrumens, soit à cause du peu de confiance qu'inspire le nom des observateurs, soit enfin parce que l’on ignore si les résultats n’ont pas été tirés de manuscrits inexactement copiés. Voici ce que j'ai pu recueillir de ces anciennes observations astronomiques. Il faut les employer avec précaution; mais elles sont précieuses pour la géographie d’une région si peu connue jusqu'à ce jour.
Les pères jésuites ont le mérite d’avoir, les premiers, examiné le golfe de Californie ou la mer de Cortez. Le père Kin, ci-devant professeur de mathématiques à Ingolstadt, et ennemi déclaré du géomètre mexicain Siguenza, contre lequel il composa plusieurs écrits, parvint, en 1701, à la jonction des grandes rivieres de Gila et du Colorado. Il fixa, par un anneau astronomique, la latitude de cette Junta à 55° 50’. Je vois, par la carte manuscrite dressée en 1541 par Domingo de Castillo, et trouvée dans les archives Je la famille de Cortez, qu'a celte époque on
omiques je passe
comme tion des onfiance soit enfin ats n’ont actement ir de ces s. Il faut elles sont Le région
avoir , les fornie ou i- devant igolstadt, mexicain plusieurs tion des orado. Il a latitude r la carte
ingo de es Je la oque on
GÉOGRAPHIQUE. 77
connoissoit déjà, à l'extrémité septentrionale du golfe, deux rivières qui paroissoient se joindre sous les 55° 40’ de latitude, et que l’on appeloit Rio de Buena Guia et Brazo de Miraflo-es. Trois ans plutôt, en 1558, le père Pedro Nadal trouva, par la hauteur méridienne du soleil, la jonction du Gila et du Colorado, 35° 0’. Fray Marcos de Niza la fit de 54° 30’. C’est sur ces fondemens, sans doute, que Delisle adopta 34° dans ses cartes; mais, dans un ouvrage imprimé au Mexique ', on cite des observations récentes, faites au moyen d'un anneau astronomique, par deux pères de St. Francois très-instruits, Fray Juan Diaz et Fray Pedro Font; obser- vations qui sont conformes entr'elles, et qui paroissent prouver que les Juntas sont de beaucoup plus méridionales qu'on ne l’a cru jusqu'ici. En 1774, le père Diaz obtint à la bouche du Gila, deux jours de suite, 32° 447. En 1775, le père Font y trouva 32° 47”. Le premier assure, de plus, que la simple considération du chemin qu'il a suivi, c’est-
1 Cronica serafica de Queretaro , P. IT, 1792, Prologo.
73 INTRODUCTION
à-dire, la considération des rumbs et des distances, fait entrevoir que les Juntas ne peuvent pas être à 55° de latitude. Aussi les positions que le père Font assigna, en 1777, aux missions de Monterey, S. Diego et de S. Francisco, et qui ne diffèrent que de peu de minutes du résultat des observations de Vancouver et de Malaspina, paroissent parler en faveur de l'exactitude de sen travail, à moins que ces pères n'aient copié les données que les pilotes leur ont fournies. D'ailleurs il est certain qu’un observateur zélé, avec des moyens très-imparfaits, peul se procurer souvent des résultats très-satisfaisans. Les latitudes que Bouguer avoit obtenues dans le Rio de la Magdalena par un gnomon de sept à huit pieds de haut, et se servant pour échelle de quelques pièces de roseaux, ne différent, que de quatre à cinq minutes de celles que, cinquante-neuf années après, j'y ui trouvées au moyen d'excellens sextans anglois.
11 paroît cependant que le père Font, par son anneau astronomique, a moins heureu- sement fixé la latitude de la mission de S. Gabriel par 32° 57’ , celle de S. Antonio
s et des ntas ne Aussi les en 1777) œo et de e de peu ations de nt parler travail, à s données D'ailleurs élé, avec procurer isans. Les es dans le
\ 2 apres » 1Y hs sextans
Font, par s heureu-
ission de . Antonio
GÉOGRAPHIQUE. 70
d
de los Robles par 56° 2’, ct celle de Luis Obispo par 55° 17’. En comparant ces posi- tions à l'Atlas de Vancouver, je trouve que les erreurs sont tantôt + 1° 11/, tantôt — 237, Il est vrai que le navigateur anglois n’a pas visité lui-même ces trois missions, mais il a pu les rapporter à la côte voisine dont il examinoit le gisement. On voit par là combien l’on doit être en garde contre des observations faites avec des anneaux astro- nomiques. Fray Pedro Font à aussi visité l'emplacement des ruines appelées ls Casas grandes ; il les trouve par 55° 50’. Cette dernière position, si elle étoit exacte, seroit très-importante : c'est le site d’une ancienne culture de l'espèce humaine. Il ne faut cepen- dant pas confondre cette seconde demeure des Aztèques, de laquelle ils passèrent de la T'arahumara à Colhuacan, avec les Casas grandes ou la troisième demeure des Az- tèques, située au sud du presidio de Yanos, dans l’intendance de la Nouvelle-Biscaye. Je désirerois connoître les observations du père jésuite Juan Hugarte qui, en 1721 , a reconnu, selon M. Aaüllon, les erreurs des cartes de
80 INTRODUCTION
la Californie. On lui attribue même d’avoir reconnu le premier que ce vaste pays étoit une presqu'île ; mais au seizième siècle, per- sonne au Mexique ne nioit ce fait, sur lequel on à long-temps après commencé de jeter des doutes en Europe".
Je compte, parmi les observations astro- nomiques un peu douteuses, celles qu'ont exécutées plusieurs officiers ingénieurs espa- gnols dans des visites fréquentes et pénibles qu'ils firent aux petits forts situés sur les frontières septentrionales de la Nouvelle- Espagne. Je me suis procuré à Mexico des journaux de route du brigadier Don Pedro de Rivera, dressés en 1724; ceux de Don Nicolas Lafora, qui accompagna le marquis de Rubi dans la recherche qu'il fit, en 1765, sur une ligne de défense des Provincias
internas ; et le voyage manuscrit de l’ingé- nieur Don Manuel Mascard, depuis Mexico
1 En 1539, Francisco de Ulloa, dans une expédition
entreprise aux frais de Cortez, reconnut le golfe de
Californie jusqu'aux bouches du Rio Colorado. L'idée
que la Californie étoit une île, ne date que du dix- septième siècle. (Æntillon, Analysis , p.47, n.° 55.)
d'avoir ss étoit >, per- lequel e jeter
y astro- qu'ont rs espa— Jénibles sur les uvelle- ico des a Pedro de Don marquis n 1765, OvinCias e l’ingé- Mexico
xpédition à golfe de o. L'idée e du dix- y, n.° 55.)
CNRS Se RD RErRE
GÉOGRAPHIQUE, 81
à Chihuahua et Arispe'. Ces voyageurs esti- mables assurent avoir fait des observations de la hauteur méridienne du soleil. J'isnore quels instrumens ils ont employés, et il est à craindre que les manuscrits qui me sont parvenus ne soient pas toujours exactement copiés; car, m'étant donné la peine de cal- culer les latitudes par les airs de vent et les distances indiquées, j'ai trouvé des résultats qui cadrent souvent assez mal avec les latitudes observées. MM. Bauza et Antillon, à Madrid, ont fait la même observation. Je regrette
1 Derotero del Brigadier Don Pedro de Rivera en la visita que hixo de los Presidios de las Fronteras de Nueva-España en 1724. 2) Itinerario del mismo autor de Zacatecas a la Nueva-Biscaya. 3) Itinerario del mismo autor desde el Presidio del Passo del Norte hasta el de Janos. 4) Diaria de Don Nicolas de Lafora en su Viage a las Provincias Internas en 1766. 5) Derotero del mismo autor de la Villa de Chihuahua al Presidio del Passo del Norte. 6) Derotero de Mexico «a Chihuahua por el Yngeniero Don Manuel Mascard en1778. 7) Derotero del mismo autor desde Chihuahua a Arispe Mission de Sonora. 8) Derotero del mismo autor desde Arispe a Mexico en 1785. Les originaux de ces huit manuscrits se conservent daus les archives de la vice-royauté du Mexique.
I. 6
82 INTRODUCTION
qu'aucune des observations de latitude fuites par des officiers ingénieurs, ne se rapporte à un endroit dont la position ait été déter- minée par M. Ferrer ou par moi. M. Mascaro, il est vrai, a observé à Queretaro. Nous différons de 10’ pour la latitude de cette ville; mais mon résultat se fondant sur une méthode analogue à celle de Dowes, il est resté douteux de près de 2’. Malgré ces incertitudes, les matériaux que je viens de nommer sont d'un très-grand secours pour ceux qui veulent dresser des cartes sur une partie du monde si peu visitée par des gens instruits. Nous nous bornerons à discuter quelques-uns des points les plus importans.
M. Jefferson , dans son ouvrage classique sur la Virginie, a discuté la position du Presidio de Santa-Fe au Nouveau-Mexique ; 1l le croit par 58° 10’ de latitude; mais, en prenant le milieu entre les observations disectes faites par M. Lafora et par les pères Velez et Escalante, on trouve 36° 12’. MM. Bauza et Antillon, par une réumion de eombinaîsons ingénieuses, et en rapportant S. Fe au Pre- sidio de lAltar, et celui-ei aux côtes de la Sonara , trouvent Santa-Fe de Nueva Mexico,
de fiutes rapporte é déter- Mascard, ro. Nous de cette | sur une es, il est adlgré ces viens de urs pour s sur une des gens , discuter mportans. ssique sur Presidio il le croit renant le ctes faites Velez et . Bauza et 1binaæsons e au Pre- Ôtes de la a Mexico,
GÉOGRAPHIQUE, 53
4° 21” à l'occident de la capitale de Mexico", La carte même de M. Antillon donne 5° de différence. Sans avoir eu connoissance des travaux de ces habiles géographes espagnols, je suis parvenu, par une voie très-différente, à un résultat encore plus grand. J’ai fixé la longitude de Durango par une éclipse de lune observée par le docteur Oteyza; cette position se trouve conforme à celle adoptée par M. Antillon : or, supposant la latitude de Durango de 24° 50’, et celle de Chi- huahua, capitale de la Nouvelle-Biscaye, où M. Mascard a observélong-temps, de 28°45”,
j'ai évalué la valeur des lieues indiquées dans
le journal de route du brigadier Rivera. Les
distances et les rumbs m'ont donné, par
construction graphique, la différence des
méridiens de Durango et Chihuahua de 537,
d'où résulte une différence de longitude de
Memco et de Santa-Fe de 5° 48’. Il est natarel d’ailleurs que cette dernière différence paroisse plus grande que celle qu'indiquent MM. Bauza et Antillon, car ces géographes estimables placent la capitale de Mexico
‘ Analysis de Le Carta , p. 44.
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84 INTRODUCTION
de 37’ en arc trop à l'ouest. La position qu'ils assignent à Santa-Fe, dépend cepen- dant plutôt des longitudes de S. Blas et d'Acapulco que celle de Mexico. Je trouve Santa-Fe par 107° 13’ de longitude absolue, MM. Bauza et Antillon par 107° 2’, longitude très-probable, mais de 5° 28’ plus orientale que celle qu'indique la carte de la Louisiane occidentale, publiée en 1803 à Philadelphie. Cette même carte est aussi fausse de près de 4° dans la position du cap Mendocino, malgré les observations de Vancouver et celles des Espagnols. D'un autre côté, M. Cos- tanzo avoit conclu d’un grand nombre de combinaisons, que Santa - Fe et Chihuahua étoient de 4° 57’ , et Arispe de g° 5’ à l’ouest de Mexico. Dans toutes les anciennes cartes manuscrites que j'ai consultées, surtout dans celles faites avant le retour de M. Velasquez de Californie, on placa Durango de 3° à lorient du Parral et de Chihuahua. Velas- quez a réduit cette différence de méridiens à 5’ en arc; mais une méthode graphique, fondée sur des journaux de route, me donne 50’. :
J'ai été également satisfait de voir que sur
L position id cepen- . Blas et Je trouve > absolue, longitude orientale Louisiane ladelphie. > de près ‘ndocino,
ouver et
, M. Cos- xmbre de hibuahua à l’ouest es cartes tout dans 'elasquez de 5° à a. Velas- néridiens aphique,
ute, me
Fr que sur
Re 4 3 ° à ‘+
GÉOGRAPHIQUE. 85
un autre point de la géographie de Ia Nou- velle - Espagne, mes combinaisons m’aient conduit au même résultat que celui qu'ont obtenu les savans astronomes de Madrid. Ma carte dressée à Mexico, la même année où M. Antillon a publié son mémoire analyti- que ‘, indique, comme le prouvent les copies déposées au Mexique, la différence de mé- ridiens de Tampico et de Mazatlan (c’est-à-dire la largeur du royaume depuis l’océan Atlan- tique jusqu’à la mer du Sud } de 8 o”. MM. Bauza et Antillon la trouvent de 8e 20”, tandis que la carte de Lafora présente 1 79.454, et celle des Indes occidentales par Arrow- smith, y° 1’. Dans ma carte, j'ai rapporté Tampico à la Barre de Santander , dont la longitude à été observée par M. Ferrer , en Supposant, conformément aux cartes du Dépôt de la marine de Madrid, Tampico de 10’ à l'est de la Barre, Nous reviendrons dans la suite de ce Mémoire à la position de ce port. La latitude dela ville de Zacatecas , célèbre par les grandes richesses de ses mines » a été
? Analysis de Los Jondamentos de la Carta de la Amenca septentrional,
86 INTRODUCTION
déterminée par le comte de Santiago de la Laguna, non par des anneaux astronomiques ou par des gnomons, mais au moyen de plusieurs quarts de cercle de trois à quatre pieds de rayon, construits dans le pays même: elle fut trouvée de 23° o’. Don Francisco Xavier de Zarria conclut de plusieurs obser- vations gnomoniques, la latitude de 22° 5’ 6”. Ces observations sont consignées dans un ouvrage presqu'inconnu en Europe , dans la Chronique publiée par les pères de Saint- Francois de Queretaro au Mexique. On croyoit autrefois Zacatecas d'un demi-degré plus septentrional, comme le prouve une petite feuille de latitude publiée à Mexico, par Don Diego Guadalaxara, à l'usage de ceux qui veulent construire des gnomons. Le comte de la Laguna assure avoir trouvé la longitude de Zacatecas de 4° 3’ à l’ouest de Mexico; mais ce résultat est probablement très- faux. Ayant fixé la position de Guanaxuato par le chronomètre et par des distances lu- naires , j'ai déduit, des rumbs et des distances iünéraires estimées, une différence de mé- ridiens de 2° 52’; le calcul des routes de M. Mascard donne 3° 457. Quant à la longitude
ago de la nomiques moyen de s à quatre ays même: Francisco urs obser- 299 5/67. s dans un e, dans la de Saint- ique. On emi-degré une petite , par Don ceux qui Le comte longitude e Mexico; nent tres- uanaxuato tances lu- s distances ce de mé- routes de longitude
PS TE SE PT PS DIT EE One ee ee Ta a ES
GÉOGRAPHIQUE. 87
absolue , le comte la fixe d'une manière tout aussi erronée. Il prétend avoir conclu d’une observation correspondante d'éclipse faite à Bologne , que Zacatecas est à 7h 13/50” à l’est de cette ville d'Italie, ce qui donneroit 7h 13’ 59” de longitude pour Zacatecas, etpar conséquent 7" 5’ 59” (au lieu de 6h 45/ 427) pour Mexico. Se seroit-il glissé une erreur dans les chiffres? La différence de méridiens seroit-elle 7h 30’, au lieu de 7h 50 ?
La longitude de Durango doit étre très-près de 105° 55’. Don Juan Jose Oteyza, jeune géomètre mexicain, dont les lumières m'ont été souvent d’un grand secours dans mes opérations, y a observé (à l'Hacienda del Ojo, 58’ en arc à l’est de Durango) la fin d'une éclipse de lune qui, comparée aux anciennes tables de Maver, a donné le ré- sultat que nous venons d'indiquer. L'auteur» même ne le regarde pas de toute exactitude. M. Friesen conclut, des rumbs et distances indiqués dans les journaux de route du bri- gadier Rivera et de M. Mascaro, que cette longitude étoit de 5° 5’ à l’orient de Mexico À par conséquent 106° 30’. La latitude de Durango paroît assez douteuse. Rivera et son
88 INTRODUCTION
compagnon de voyage, Don Francisco Al- varez Bareiro , prétendent l'avoir trouvée en 1724, par des hauteurs méridiennes du soleil, de 24° 58’ ; Lafora , en 1766, de 24° 9’ ; mais nous ignorons de quels instrumens ces ingé- nieurs se sont servis. Si la latitude que le comte de la Laguna, M. Zarria et l'ingénieur Mascard assignent à la ville de Zacatecas est exacte, celle de Durango conclue des rumbs et distances doit être près de 24° 257.
Il y a quelques endroits dans les provinces septentrionales de la Nouvelle-Espagne, où les trois ingénieurs que nous venons de citer, ont observé , les uns après les autres; cette circonstance donne un peu plus de confiance au résultat moyen.
Chihuahua. Latitude, 29° 11’ selon Rivera, 28° 56’ selon Lafora , 28° 45’ selon Mascard.
«Longitude conclue desrumbs et des distances, 5° 25/ à l'occident de Mexico.
Santa-Fe. Latitude, 56° 28/ selon Rivera, 36° 10’ selon Lafora. Longitude par ap- proximation , 5° 48’ par rapport au méridien de Mexico.
Presidio de Janos. Latitude, 31° 30’ selon Rivera, 30° 50’ selon Mascard. Longitude
cisco ÂÀÏ- rouvée en du soleil, 99’; mais ces ingé- le que le ingénieur 'atecas est des rumbs 3)’.
provinces agne, où de citer, es; cette confiance
n Rivera, Mascard. distances,
n Rivera, par ap-
méridien
50’ selon
ongitude |
GÉOGRAPHIQUE. 89
un peu douteuse de 7° 4o” à l'occident de Mexico.
Ærispe. Latitude, 30° 30’ selon Rivera, 50° 36 selon Mascaro. Lon gitude approchée , 9° 53’ ( depuis Mexico ).
Des combinaisons géographiques, fondées sur des routes, rendent encore assez probables les positions suivantes dont MM. Mascard et Rivera ont déterminé la latitude. Ces résultats, adoptés dans ma carte, sont conformes à ceux qu'ont obtenus MM. Bauza et Antillon. Nous différons cependant de près d’un degré dans la longitude absolue de la ville d'Arispe, située dans la province de la Sonora, comme dans la longitude du Passo del Norte dans le Nouveau-Mexique. Mais, je le répète, une
partie de ces différences naît de ce que la carte de M. Antillon place Mexico, Acapulco et la bouche de Rio Gila plus à l’est que moi.
00 INTRODUCTION
LONGITUDE LIEUX. LATITUDE N.| à l’occident DE MEXICO.
Guadalaxara...,......| 21° 9’ 3° 57° Real del Rosario. ......| 23° 3o' 7° 1!
Presidio del Pasage....| 25° 28" 4 8
Villa del Fuerte....... 26° 50’ g° 5°
Real de los Alamos.....| 27° 8’ 9° 58’ Presidio de Buenavista.| 27° 45° | 11 3° |
Presidio del Altar,..... 31° 92° 2° 4!
Passo del Norte.......
Lors de la formation des milices ( tropas de milicia ) dans le royaume de la Nouvelle-Es- pagne, il a été levé une carte de la province d'Oaxaca, dans laquelle on trouve marqués plusieurs points dont la latitude (selon une remarque de l’auteur ) a été observée astrono- miquement. J’ignore si ces latitudesse fondent sur des hauteurs méridiennes prises avec des
NGITUDE l’occident : MEXICO.
tropas de velle-Es- province marqués selon une e astrono- se fondent avec des
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GÉOGRAPHIQUE. 91
gnomons. La carte porte le nom de M. Don Pedro de Laguna, lieutenant - colonel au service de S. M. Catholique. Ces onze points sont situés en partie sur la côte entre les deux ports d'Acapulco et de Tehuantepec, en partie près de la côte dans l’intérieur du pays. En suivant de l’ouest à l’est, on trouve :
LIEUX, LATITUDE, RE EE on CERN Ometepec. ........... 16° 37’
Xamiltepec........ 16° 7° Barra de Manialtepec..| 15° 47’ Pochutla. ..... PPT 15° 50’ Puerto Guatulco....... 15° 44’ Guiechapa......... ..| 15° 25°
Dans la Misteca alta, on a déterminé la position de
S. Antonio de las Cues par 18° 3 de latitude.
Teposcolula. ..,..,,,., 17° 18’
Nochistlan. ...,.,..,.., 17° 16!
9? INTRODUCTION
On peut y ajouter le village d’Acatlan, dans l'intendance de la Puebla, par 17° 58’, et la ville d'Oaxaca par 16° 54’ de latitude. Ces déterminations, si elles ont quelque degré d'exactitude, sont d’autant plus précieuses, que depuis la Puebla de los Angeles jusqu’à l'isthme de Panama, il n’y avoit jusqu'ici presque pas un seul point dans l’intérieur des terres dont la latitude fût déterminée astro- nomiquement. Ce qui donne un certain degré de confiance à ces positions, c’est l'harmonie qui se trouve entre les latitudes assignées, dans la carte de Don Pedro Laguna et dans celles de M. Antillon , à la ville de Tehuantepec et à Puerto Escondido. Aussi les navigateurs
espagnols placent-ils aujourd'hui le premier port par 16° 22”, et le second , qui est voisin du village de Manialtepec, par 15° 50’ de latitude.
Nous avons discuté jusqu'ici les positions fondées sur des observations astronomiques plus ou moins dignes de la confiance du géographe ; il nous reste à indiquer les cartes, presque toutes manuscrites , dont on s'est servi
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GÉOGRAPHIQUE. 93
pour les différentes parties de la carte géné- rale de la Nouvelle-Espagne.
Quant au gisement et aux sinuosités de la côte occidentale baignée par le grand Océan, depuis le port d’Acapulco jusqu’à la bouche du Rio Colorado et aux volcans des Vierges en Californie, j'ai suivi la carte qui accom- pagne la relation du voyage des navigateurs espagnols au détroit de Fuca. Cette carte, publiée en 1802 par le Dépôt de la marine à Madrid , se fonde sur les opérations des cor- vettes de Malaspina ; mais la côte qui se prolonge au sud-est d’Acapulco est encore très-imparfaitement connue. Pour la dessiner, on a consulté la carte de l’ Amérique septen- trionale de M. Antillon. On a lieu de se plaindre aussi du peu d’exactitude avec lequel on a relevé jusqu’à ce jour la côte orientale du Mexique au nord de la Vera-Cruz. La partie contenue entre l'embouchure du Rio Bravo del Norte et celle du Mississipi est presque tout aussi inconnue que la côte orientale de l'Afrique entre Orange-River et Fish-Bay. L'expédition de MM. Cevallos et Herera , munie de superbes instrumens astro- nomiques, est occupée à lever des plans exacts
04 INTRODUCTION
de cesrégions désertes et arides. En attendant, j'ai suivi, pour le détail de la côte orientale, la carte ‘ du golfe du Mexique publiée par ordre du roi d'Espagne en 1799, et retouchée en 1805. J'ai cependant corrigé plusieurs points d'après les belles observations de M. Ferrer, que nous avons citées plus haut. Cet habile observateur, plaçant le port de la Vera-Cruz de 9’ 45” en arc moins à l’ouest que moi, j'ai réduit les positions des endroits qu'il a déterminés dans les environs de la Vera-Cruz, sur la longitude qui suit des calculs de M. Oltmanns. L'erreur des anciennes cartes consistoitsurtout dans la longitude de la Barre de Santander, qui , d'après M. Ferrer , est de. 1° 54’ 15” à l'occident de Vera-Cruz, tandis que la carte du Deposito admet 1° 23’ de différence de longitude. J'ai constamment suivi les observations de M. Ferrer, en ré- duisant la longitude de Tamiagua sur celle de Santander.
Le terrain compris entre les ports d’Aca- pulco et de la Vera-Cruz, entre Mexico,
1 Carta esferica que comprehende las costas del Seno
Mexicano, construida en el Depositu hidrografico de Madrid, 1799.
ndant, entale , ée par ouchée Insieurs ons de us haut. rt de la l’ouest endroits ns de la s calculs es cartes la Barre r, est de: z, tandis 25’ de tamment , en ré- sur celle
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GÉOGRAPHIQUE. 05
Guanaxuato , la vallée de Santiago et Valla- dolid , entre le volcan de Jorullo et la Sierra de Toluca , est dressé d'aprèsun grand nombre de relèvemens géodésiques que j'ai pris, soit avec un sextant, soit avec le graphomètre d'Adams. La partie contenue entre Mexico, Zacatecas, Fresnillo, Sombrerete et Durango, se fonde sur un plan manuscrit que M. Oteyza a bien voulu construire pour moi, d'après les matériaux qu'il avoit recueillis dans son voyage à Durango. Ayant marqué très-exactement les rumbs et les distances évaluées d’après la célérité de la marche des mulets, son plan mérite sans doute quelque confiance , d’autant plus que les positions de Guanaxuato et de S. Juan del Rio y ont été corrigées par mes observations directes et indépendantes les unes des autres. Il a été facile , par ce moyen, de convertir le temps en distance, ou de re- connoître la valeur des lieues du pays.
Les journaux de MM. Rivera, Lafora et Mascard, que nous avons eu occasion de citer plus haut, ont été d’un grand secours pour les Provincias internas , surtout pour les routes de Durango à Chihuahua , et de là à Santa-Fe et à Arispe, dans la province de
96 INTRODUCTION
Sonora. Cependant, ces matériaux n’ont pu être employés qu’après de longues discussions, et en les comparant avec les données que M. Velasquez avoit recueillies dans son ex- pédition en Californie, Les routes de Rivera différent souvent beaucoup de celles de M. Mascaro ; on se trouve surtout embarrassé sur la différence de méridiens entre Mexico et Zacatecas , ou entre Santa-Fe et Chihuahua, comme nous aurons lieu de l'exposer plus bas.
La géographie de la Sonora a été rectifiée par M. Costanzo. Ce savant , aussi modeste que profondément instruit, a ramassé depuis trente ans tout ce qui a rapport à la connois- sance géographique de ce vaste royaume. C'est le seul officier ingénieur qui se soit livré à des discussions sur la différence en longitude des points les plus éloignés de la capitale. Il a formé lui-même des plans très-intéressans, et dans lesquels on reconnoît comment des com- binaisons ingénieuses peuvent , jusqu'à un certain point , remplacer des observations astronomiques. Je me plais d’autant plus à rendre cette justice à M. Costanzo, que j'ai vu à Mexico beaucoup de cartes manuscrites dont les échelles de longitude et de latitude
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GÉOGRAPHIQUE, 97
ne paroissent être qu'un ornement accidentel.
Voici l’'énumération des cartes et des plans que j'ai consultés pour le détail de ma carte : je crois avoir réuni tout ce qui existoit d’ins- tructif jusqu’à l’année 1804.
Carte manuscrite de la Nouvelle-Espagne, dressée par crdre du vice-roi Buccarelli, par MA. Costanzo et Mascaro. Elle comprend l'immense espace entre les 39° et 42° de latitude ; elle s'étend depuis le cap Mendocino jusqu'à la bouche du Mississipi. C’est un travail qui paroît avoir été fait avec beaucoup de soin; il m'a servi pour le Moqui, pour les environs du Rio Nabajoa, et pour la route qu’a suivie le chevalier la Croix en 1778, depuis Chihuahua jusqu'à Cohahuila et Texas.
Mapa del Arzobispado de Mexico, por Don Jose Antonio de Alzate , carte manus- crite dressée en 1768, revue par l’auteur en 1772 ; très-mauvaise , du moins pour la partie que j'ai parcourue. On y trouve indiqués quelques endroits de mines qui intéressent le minéralouiste. |
Je n’ai fait aucun usage de la carte de la Nouvelle-Espagne publiée en 1765 à Paris,
L 7
98 INTRODUCTION
par M. de Fer, ni de celle du gouverneur Pownall, publiée en 1777, ni enfin de la carte de Siguenza, que L'Académie de Paris a fait graver sous le nom d’Alzate, et qu’on a regardée jusqu'a ce jour comme lu meilleure carte du Mexique.
Carte générale de la Nowvelle-Espagne , depuis les 14° au 27° de latitude, dressée par M. Costanzo. Cette carte manuscrite est précieuse pour la connoissance des côtes de la Sonora. Je l’ai aussi consultée pour la partie qui se prolonge d’Acapulco à Tehuantepec.
Carte manuscrite des côtes depuis Acapulco jusqu'a Sonzonate , relevée par le brigantin Activo en 1794.
Carte manuscrite de toute la Nouvelle- Epagne, dressée par M. Velasquez en 1772. Elle comprend les pays situés entre les 19° et 34° de latitude, entre l'embouchure de Rio Colorado etle méridien de Cholula. Elle a été dessinée pour présenter la situation des mines les plus remarquables de la Nouvelle-Espagne, surtout celles de la Sonora.
Carte manuscrite d’une partie de la
Nouvelle - Espagne, depuis le parallèle de
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GÉOGRAPHIQUE.
99
Tehuantepec jusqu'à celui de Durango , dressée par ordre du vice-roi Revillagisedo , par Don Carlos de Urutia. C’est la seule carte du pays qui présente la division en intendances , et elle m’a été trèes-utile sous ce rapport.
Mapa de la Provincia de la Compania de Jesus de Nucva-España , gravée en 1765 à Mexico. Est-ce par un simple hasard que cette carte, d’ailleurs si mauvaise, place Mexico par 278° 26’ de longitude, tandis que la même capitale se trouve fixée à 270° de longitude dans le plan qui porte le titre de Mapa de distancias de los lugares principales de Nueva- España , que les pères jésuites ont fait graver à la Puebla de los Angeles en 1755? |
J'ai trouvé à Rome : Provincia Mexicana apud Indos ordinis Carmelitarum ( erecta 1588), Romæ 1738. Mexico y est placé par 20° 28/ de latitude!
Le père Pichardo de San Felipe Neri, ecclésiastique très-éclairé, qui possède le petit quart de cercle de l'abbé Chappe, a bien voulu me fournir deux cartes manuscrites
de la Nouvelle -Espagne, dont l’une est de
7
100 INTRODUCTION
Velasques, et l'autre d’Alsate. Elles different toutes les deux de la carte que l’Académie de Paris a fait graver, et sont curieuses, parce qu'elles présentent la situation de beaucoup d’endroits de mines remarquables.
Environs de Mexico ; carte de Siguenza, publiée de nouveau par Alzate en 1786. Une autre carte de la vallée de Mexico se trouve annuellement dans l’almanach appelé la Guix de Foresteros : elle est de M. Mascard. Ni ces deux plans, ni celui publié par Lopez en 1785, ne présentent les lacs dans leurs situa- tions actuelles. Dans la carte de Lopez, les degrés de longitude sont marqués sur le mé- ridien; méprise assez étrange pour un géô- graphe du roi!
Carte détaillée des environs du Doctor, du Rio Moctezuma , qui reçoit les eaux du canal de Huehuetoca, et de Zimapan , par M. Mas- card. Les environs de Durango , ceux de Toluca et de Temascaltepec , se trouvent représentés avec beaucoup de soin dans des plans dressés par M. Juan Jose Oteyzä
Carte manuscrite de tout le royaume de lu Nouwelle-Espagne , depuis le 16° au 4o° de latitude, par Don Antonio Forcada y la
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GÉOGRAPHIQUE. 101
Plaza , 1787. Cette carte paroît faite avec intelligence. Des personnes qui connoiïssent les localités, portent le même jugement de la carte manuscrite de l'audience de Guada- laxara , dressée par M. Forcada en 1790.
Carte du pays compris entre le méridien de Mexico et celui de Vera-Cruz, dressée par Don Diego Gartia Conde , lieutenant- colonel et directeur des chaussées. Cette carte manuscrite se fonde sur des observations que M. Costanzo a faites conjointement avec M. Garcia Conde. C’est une série de triangles mesurés avec le graphomètre et la bous- sole. Ce travail a été exécuté avec un soin extrême ; il présente surtout un grand détail dans la partie qui embrasse la pente de la Cordillère depuis Xalappa et Orizaba jusqu’à Vera-Cruz.
Carte des routes qui vont de Mexico à la Puebla, au nord et au sud de la Sierra Ne- vada , dressée par ordre du vice-roi marquis de Branciforte, par Don Miguel de Costanzo.
Plan manuscrit des environs de Vera-Cruz. Il s'étend jusqu’à Perotte, et indique en même temps la différence des routes projetées de Xalappa à Vera-Cruz.
102 INTRODUCTION
Carte manuscrite du terrain contenu entre Vera-Cruz et le Rio Xamappa, 1706.
Carte manuscrite de la province de Xalappa, avec les environs détaillés de l’Antiguaet de la Nueva-V'era-Cruz. |
Carte manuscrite de la province d'Oaxaca et de toute la côte, depuis Acapulco jusqu’à Tehuantepec, dressée par Don Pedro de la Laguna. Cette carte est basée sur onze posi- tions que l'on assure avoir été déterminées en latitude par des observations directes. Quant au Rio Huasacualco , devenu célèbre par le projet d'un canal qui doit réunir la mer du Sud à l'océan Atlantique, je lui ai assioné le cours que je trouve tracé dans les plans de deux officiers ingénieurs, de Don Augustin Crameret de Don Miguel del Corral, Ces plans se conservent dans les archives de la vice-royauté du Mexique.
Mapa anonimo de la Sierra Gorda, dans la province de Nuevo-S'antander, du 21° au 29° de latitude; carte manuscrite peinte sur vélin,
“ornée de figures d'Indiens sauvages. Elle est très- exacte pour les environs de Sotto la Marina et de Camargo.
Le cours des rivières contenues entre le
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GÉOGRAPHIQUE. 103
Rio del Norte et la bouche du Rio Sabino , a été copié d'après une carte manuscrite que le général Wilkinson a bien voulu me com- muniquer à Washington, lors de son retour de la Louisiane.
Mapa de la Nueva-Gallizia ; carte manus- crite dressée en 1794 par M. Pagaza, sur ses propres observations et sur la carte de M. Forcada.
Carte de la province de Sonora et de la Nowelle-Biscaye, dédiée à M. d’Asanza, et dressée à Cadix par l'ingénieur Don Juan de Pagaza. Cette carte manuscrite , de quatre pieds de long, est très-détaillée quant aux sites montagneux dans lesquels se cachent les Indiens sauvages pour faire leurs excursions et pour attaquer les voyageurs. Elle est très- détaillée pour lesenvirons du Passo del Norte, et surtout pour le terrain désert qui estappelé le Bolson de Mapimi.
Carte manuscrite de la Sonora, depuis les 27° jusqu'aux 36° de latitude, dédiée au colonel Don Jose Tienda de Cuervo. L'auteur de cette carte paroit être un père jésuite allemand qui a résidé dans la Pimeria alta : C'est-à-dire,
104 INTRODUCTION
dans la partie la plus septentrionale de la pro- vince de Sonora.
Carte manuscrite de la Pimeria alta. Elle s’étend jusqu’au Rio Gila. Les fameuses ruines des Casas grandes y sont placées à 56° 20’ de latitude, avec une erreur de trois degrés!
Mapa de la California , carte manuscrite des pères Francisco Garces et Pedro Font, 1777. Elle a aussi été gravée à Mexico, mais avec une erreur de trois minutes en moins pour toutes les latitudes. Elle est intéressante pour la Pimeria alta et pour le Rio Colorado.
Carta geografica de la Costa occidental de la California que se discubrio en los anos 1769 y 1775, por Don Francisco de Bodega Y Quadra y Don Jose Canizares, desde los 17 hasta los 58 grados. Cette petite carte, gravée en 1788 par Manuel Villavicencio à Mexico, est dressée sur le méridien de San Blas. Elle doit intéresser ceux qui s'occupent de l’histoire des découvertes dans le grand Océan.
Le golfe de Cortez paroît très-détaillé dans la carte de la Californie qui accompagne la Noticia de la California del Padre Fr. Miguel
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GÉOGRAPHIQUE. 105
Venegas, 1757; mais la vraie position des missions qui se trouvent actuellement dans cette péninsule , est indiquée dans la carte qu’on a ajoutée à la vie du pére Fray Junipero Serra , imprimée à Mexico en 1787.
Carte manuscrite de la province de la Nou- velle - Biscaye, depuis les 24° jusqu'aux 35° delatitude,dressée en 1792 par l'ingénieur Don Juan de Pagaza Urtundua, sur des notions prises à Chihuahua. Ce travail curieux a été fait par ordre de M. de Nava, capitaine-gé- néral des Provincias internas. I n'a servi pour toute l'intendance de Durango ; cepen- dant, les environs de la ville de Durango y paroissent peu exacts.
Carte manuscrite des frontières septentrio- nales de la Nouvelle- Espagne, depuis les 25° jusqu'aux 37° de latitude, par l'ingénieur Don Nicolas Lafora. Elle développe le projet de défense du Marquis de Rubi, et m’a servi pour vérifier la situation des petits forts ap- pelés Presidios. J'ai vu une copie de cette même carte, de trois mètres de long, aux archives de la vice-royauté.
Mapa del Nuevo-Mexico de 29° à 42° de latitude. Cette carte manuscrite est très-
106 INTRODUCTION
détaillée pour les pays situés sous le parallèle de 41°. Elle contient des détails sur Le lac des
impanogos , et sur les sources du Rio Cole rado et du Rio del Norte.
Carte du Nouveau-Mexique, gravée en 1799 par Lopez. Je n’en ai point fait usage. Elle paroît très-fautive pour les sources du Rio del Norte. Les pays situés entre cessources et celles du Missoury sont mieux détaillées dans une Carte de la Louisiane publiée à Philadelphie en 1805.
J'ose me flatter que, malgré de grandes imperfections, ma carte générale de la Nou- velle-Espagne a deux avantages essentiels sur toutes celles qui ont paru jusqu'à ce jour. Elle présente la situation de trois cent douze endroits de mines, et la nouvelle division du pays en intendances : les erloitations y ont été indiquées d’après un catalogue que le tribunal suprême des mines a fait dresser sur les licux dans toute l’étendue de ce vaste empire. J’ai distingué par des signes parti- culiers les endroits qui sont le siége des Deputaciones de . Minas et les sites d'exploi-
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GÉOGRAPHIQUE, 107
rumb et la distance par rapport à une ville plus considérable. J'ai combiné ces notes avec ce que présentoient les cartes manuscrites anciennes, parmi lesquelles celles de Ve- lasquez m'ont été du plus grand secours. Ce travail a été aussi minutieux que pénible. Lorsqu'aucune carte ne rapportoit le nom de la mine, il a fallu la placer simplement d'après le gisement que présentoit le catalogue, en réduisant les distances itinéraires, ou les Leues du pays, en distances absolues, d’après les combinaisons fournies par des cas analogues. La population de la Nouvelle-Espagne étant concentrée sur le grand plateau intérieur de la chaine centrale, il en résulte que la carte du Mexique est très-inégalement chargée de noms. Il ne faut pas supposer cependant qu'il y ait des terrains entièrement inhabités, par- tout où la carte n'indique nivillage, ni hameau: je n'ai voulu placer que les endroits dont la position étoit la même sur plusieurs cartes manuscrites d'après lesquelles je travaillois ; car la plupart des cartes de l'Amérique, faites en Europe , sont remplies de noms d'endroits dont on ignore l'existence dans le pays même. Ces erreurs se perpétuent, et il
108 INTRODUCTION
est souvent difficile d’en deviner la source. J'ai mieux aimé laisser beaucoup d'espace vide sur ma carte, que de puiser dans de mauvaises sources.
L'indication des chaînes de montagnes a présenté de grandes difficultés, et qui ne peuvent être bien senties que par ceux qui se sont occupés eux-mêmes du dessin de cartes géographiques. J'ai dû préférer les hachures en projection orthographique, à la méthode de représenter les montagnes en profil. Cette dernière, la plus imparfaite et Ja plus ancienne de toutes, donne lieu au mélange de deux sortes de projections très- hétérogènes. Je ne me dissimule pas cepen- dant que cet inconvénient est presque balancé par un avantage réel. L'ancienne méthode fournit des signes qui annoncent vaguement « que le terrain est montueux, qu'il existe des montagnes dans telle ou telle province ». Plus ce langage hiéroglyphique est vague, et moins il expose à l'erreur. La méthode des hachures au contraire force le dessinateur de dire plus qu'il ne sait, plus même qu'il n’est possible de savoir sur la constitution géolo- gique d’üne vaste étendue de terrain. À voir
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GÉOGRAPHIQUE. 109
les dernières cartes qui ont paru de l'Asie mineure et de la Perse, on devroit croire que de savans géologues y ont reconnu la hauteur relative, les limites et la direction des montagnes. On y découvre des chaînes qui serpentent et qui s’'embranchent comme des rivières; on diroit que les Alpes et les Pyrénées sont moins connues que ces contrées lointaines. Cependant les personnes instruites : qui ont parcouru la Perse et l'Asie mineure assurent que l’agroupement des montagnes y diffère entièrement du type que présente la grande carte d'Asie, publiée par Arrowsmith, et tant de fois copiée en France et en Alle- magne.
Les eaux donnent sans doute en quelque sorte le tracé du pays; mais le cours des rivières indique simplement la différence de niveau qui existe dans l'étendue du terrain sur lequel elles coulent. La connaissance des grandes vallées ou des bassins, l'examen des points de partage sont du plus grand intérêt pour l'ingénieur hydrographe. C'est cepen- dant par une fausse application des principes de l'hydrographie, que du fond de leurs
cabinets les géographes ont voulu déterminer
110 INTRODUCTION
la direction des chaînes de montagnes dans des pays dont ils croyoient connoître aveg précision le cours des rivières. Ils se sont imaginés que deux grands bassins d’eau ne peuvent ètre séparés que par de grandes élévations, ou. qu'une rivière considérable ne peut changer de direction que parce qu’un groupe de montagnes s'oppose à son cours. Ils ont oublié que très-souvent, soit à cause de la nature des roches, soit à cause de l’in- clinaison des couches, les plateaux les plus élevés ne donnent naissance à aucune rivière, tandis que les sources des fleuves les plus considérables sont éloignées des hautes chaînes de montagnes. Aussi les essais que l’on a faits jusqu'ici de dresser des cartes physiques d'après des idées théoriques, n’ont pas été fort heureux. Car il est d’autant plus difficile de deviner la véritable configuration du ter- rain, que les courans pélagiques et la plupart des rivières par lesquelles la surface du globe a été changée, ont totalement disparu. La connoissance la plus parfaite et de celles qui ont existé, et de celles qui existent de nos jours, pourroit nous instruire sur la pente des vallées , mais aucunement sur la hauteur
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GÉOGRAPHIQUE. III
absolue des montagnes, ou sur la position de leurs chaines!
J'ai tracé sur ma carte de là Nouvelle- Espagne la direction des Cordillères, non d’après des suppositions vagues, ou d'après des combinaisons hypothétiques, mais d’après un grand nombre de renseignemens fournis par des personnes qui ont visité les mines mexicaines. Le groupe de montagnes le plus élevé se trouve dans les environs de la capi- tale, sous les dix-neuf degrés de latitude. J'ai parcouru moi-même la partie des Cor- dillères d'Anahuac comprise entre les paral- lèles de 16°50”, et les 21° o’ sur une largeur de plus de 140 lieues. C'est dans cette région que j'ai fait le grand nombre de mesures barométriques et géodésiques, dont les résul- tais ont servi aux profils géologiques qu'offre mon atlas mexicain. Les cartes manuscrites de M. Velasquez, celles MM. Costanzo et Pagaza m'ont été d’un grand secours pour les provinces septentrionales. M. Velasquez, directeur du 7Zribunal de Mineria, avoit parcouru la majeure partie de la Nouvelle- Espagne; il a tracé sur la carte que nous avons citée plus haut, p. 98, les branches *
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112 INTRODUCTION
de la Sierra Madre de Anahuac, le rameau oriental qui se dirige de Zimapan vers Charcas et Monterey, dans le petit royaume de Léon, et le rameau occidental qui s'étend depuis Bolaños jusqu'au Presidio de Fronteras. Des mémoires manuscrits de M. Sonnenschmidt, savant minéralogiste saxon, qui à visité les mines de Guanaxuato, de Zacatecas, de Chihuahua et de Catorce, les travaux de M. del Rio, professeur à l’école des mines de Mexico, et de don Vicente Valencia, résident à Zacatecas, m'ont aussi fourmi des éclaircissemens trèes-utiles. J’en dois d’autres aux renseignemens que m'ont donnés le célèbre d’Elhuyar, à Mexico; M. Chovell, à Villalpando; M. Abad, à Valladolid ; M. Anza, à Tasco ; le colonel Obregon, à Catorce, et un grand nombre de riches propriétaires de mines et de religieux missionnaires qui ont bien voulu prendre intérêt à mon travail. Malgré tous les soins que j'ai employés à m'instruire sur les lieux de la direction des chaînes de montagnes, je suis bien loin de regarder cette partie de mon travail comme parfaite. Occupé depuis vingt ans à parcourir des montagnes, et à ramasser des matériaux
ameal harcas Leon, depuis as. Des chmidt, isité les cas, de raux de es mines alencia, urni des d’autres nnés le hovell, à M. Anza, torce, et priétaires aires qui in travail. ployés à tion des loin de | comme parcourir aatériaux
GÉOGRAPHIQUE. 113
pour un atlas géologique, je sais combien est hasardeuse l’entreprise de tracer les mon- tagnes sur une étendue de terrain de 118,000 lieues carrées!
J'aurois désiré pouvoir dresser, sur une grande échelle, deux cartes de la Nouvelle- Espagne , l’une physique, l’autre purement géographique ; mais j'ai craint de rendre l’atlas mexicain trop volumineux. Les hachures qui désignent la pente et le mouvement du terrain, donnent en même temps de l’ombre aux cartes chargées de beaucoup de noms. Ces noms deviennent souventillisibles, lorsque le graveur veut produire un grand effet par la distribution du clair-obscur. Par conséquent, le géographe qui a discuté avec soin la posi- tion astronomique des lieux, est incertain de ce qu'il doit préférer, ou de conserver la netteté du trait ou de rendre plus sensible la hauteur relative des montagnes. Une des plus belles cartes que l’on ait jamais publiée de la France, celle rédigée au Dépôt de la
1 On a discuté dans le huitième chapitre, la régu- larité extraordinaire qu'offre la position des volcans
mexicains. Je suis incertain sur la longitude du pie
de. , 8
114 INTRODUCTION
guerre, en 1804, prouve suffisamment com- Bien il ést difficile de concilier deux genres d'intérêts opposés, l'intérêt du géologue et celui de l’astronome. La crainte de donner trop d’étendue à mon ouvrage, les difficultés que présente la publication d'un atlas pour lequel aucun gouvernement ne fournit les frais, m'ont fait abandonner le projet que javois formé d’abord, celui de joindre à chaque coupe de terrain une carte physique en projection horizontale.
| IL
Carte de la Nouvelle-E spagne et des
pays limitrophes au nord et à l'est.
J'ai exposé plus haut les motifs qui m'ont engagé à restreindre ma grande carte de la Nouvelle-Espagne dans des limites trop étroites pour représenter, sur la même planche, toute
de Zuncitaro, qui a été relevé deux fois de loin. Je crains que quelque erreur ne se soit glissée en copiant les angles; mais la latitude de oe pic est assez sûre, au moins à 8’ près,
ent com- x genres logue et e donner difficultés tlas pour urnit les rojet que joindre à
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GÉOGRAPHIQUE. 115
l'étendue du royaume, depuis la Nouvelle- Californie jusqu’à l’intendance de Mérida. La seconde carte de l'atlas mexicain est des- tinée à remédier à cet inconvénient. Elle fait voir à la fois, non-seulement toutes les pro- vinces qui dépendent de la vice-royauté de Mexico, et des deux commandans des Pro- vincias internas, mais aussi l’île de Cuba, dont la capitale peut être considérée comme le port militaire de la Nouvelle-Espagne, la Louisiane et la partie atlantique des États- Unis. Cette carte a été rédigée par un ingé- nieur habile de Paris, M. Poirson, d’après les matériaux que nous lui avons fournis, M. Oltmanns et moi. Elle embrasse l'immense étendue comprise entre les 15° et 42° de latitude, et les 75° et 130° de longitude. J'avois eu d'abord le projet d'étendre cette carte au sud jusqu’à l'embouchure du Rio San Juan, pour y indiquer différens canaux, dont la construction a été proposée à la cour de Madrid, et qui serviroient à établir entre les deux mers, la communication dont il sera question au second chapitre de cet ouvrage. Mais ayant apercu, pendant l'exécution de
S*
116 INTRODUCTION
ce projet, que Ja péninsule du Yucatan et l1 côte de Monterey ne seroient pas repré- sentées avec tout le développement qu'elles sembloient exiger, j'ai préféré de conserver une échelle plus grande, et de n’étendre ma carte vers le sud que jusqu’au golfe de Hon- duras.
La partie principale, celle qui comprend le royaume de la Nouvelle-Espagne, est une copie fidèle de ma grande carte, dont je viens de donner l’analyse. Le Yucatan a été ajouté d’après la carte du golfe du Mexique, publiée par le Deposito hidrografico de Madrid. La
Nouvelle-Californie a été tracée d’après l’atlas qui accompagne la relation du voyage des corvettes Sutil et Mexicana, et d’après un mémoire de M. Espinosa, imprimé en 1806, et ayant pour titre : Memorta sobre las obser- vaciones astronomicas que han servido de Jundamento a las cartas de la costa N. O. de America, publicadus por la direccion de trabajos hidrograficos. Lorsque ce mémoire a donné des résultats différens de ceux con- tenus dans la Relacion del viage a Fuca, on les à préférés comme fondés sur des bases
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GÉOGRAPHIQUE. 117
plus solides’. Le travail de M. Espinosa à aussi servi pour le petit groupe d'îles que M. Collnett a nommé l'archipel de Revilla- vigedo, en l'honneur d’un vice-roi mexicain.
Lesiles de San Benedicto, Socorro, Rocca Partida et Santa Rosa, situées entre les 18° et 20° de latitude, furent découvertes par des navigateurs espagnols, au commencement du seizième siècle. Hernando de Grixalva trouva en 1553 l’île de Santo Tomas, appelée aujourd’hui île el Socorro. En 1542 Ruy Lopez de Villalobos atterrit sur un îlot qu'il désigna par le nom de la Nublada. Il indiqua très-bien sa vraie distance de l’île de Santo
: J'ai placé Monterey par latitude 36° 35° 45’, et longitude 124° 45° 23° ; le cap S. Lucas, par latitude 22° 52° 33°, longitude 112° 14’ 30”. La longitude de Monterey, à laquelle je m’arrête définitivement avee M. Espinosa, diffère moins de celle de Vancouver, que le résultat publié par M. Antillon. La différence entre l’opinion du navigateur espagnol et celle du navigateur anglois, n’est que de 18’ en arc. Voyez plus haut, p. 34. (Il est important d'observer ici que le commencementde cette Introduction géographique, depuis p. 1 jusqu’à p.106, a été rédigé à Berlin ay mois de septembre 1807, et que la suite a été publiée, pour la première fois, au printemps de l’année 1809. }
118 INTRODUCTION
Tomas. C’est cette Nublada de Villalobos qui s'appelle aujourd’hui San Benedicto. Il est moins certain que la Rocca Partida du même navigateur soit l’île de Santa Rosa des hydro- graphes modernes, car il règne la plus grande confusion sur la position de cet écueil. Juan Gaetan le place même de deux cents lieues à l’ouest de l'ile de Santo Tomas.
Cette dernière île est marquée par les 19° 45’ de latitude, et comme un bas-fond de trente-six milles de longueur, sur la carte de Domingo de Castillo, dressée en 1541, et trouvée dans les archives de la famille de Cortez, à Mexico. À des époques plus récentes le groupe des îles de Revillagigedo n’a été vu que trois fois; savoir, par le pilote Don Jose Camacho, en 1779, dans une navigation de San Blas à la Nouvelle-Californie; par le capitaine de vaisseau Don Alonzo de Torres, en 1792, dans un voyage d'Acapulco à San Blas; et enfin par M. Colnett>, en 1793. Les
3 Ramusio, T. 1, p. 375 (édition de Venise, 1613). 3 Collnett’s Voyage to the South Sea, p.107. M. Coil- nett trouve le cap San Lucas par 22° 44” de latitude, et112° 20° 15" de longitude. Cette latitude paroît fausse de près de 7 minutes! La montagne de San Lazaro,
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GÉOGRAPHIQUE. 119
observations de ces trois navigateurs sont très- peu d'accord entr’elles. Il paroît cependant que M. Collnett a fixé assez exactement la position de l’île du Socorro, en prenant plu- sieurs séries de distances de la lune au soleil, C’est d’après ces mêmes distances, calculées d’après les tables de Mason, que tout le groupe d'ilots a été oriente.
Quant aux pays limitrophes de la Nouvelle- Espagne, on s’est servi pour la Louisiane de la belle carte de l'ingénieur Lafond; pour les Etats-Unis, de la carte d’Arrowsmith, rectifiée par les observations de Rittenhouse, Ferrer et Ellicott. Les positions de New- Yorck et de Lancaster ont été discutées par M. Oltmanns dans un savant mémoire inséré dans le second volume de mon Recueil d’ob- servations astronomiques, p. 92. Le même ouvrage contient les matériaux qui ont servi pour tracer l’île de Cuba. Il seroit superflu
dont M. Collnett a fixé la position par 25° 15’ de lati- tude , et 114° 4o’ 15" (p. g2et 94), n’est sans doute pas la même que celle que Ulloa a appelée en 1539 Cap de San Abad, et que j'ai placée (d’après M. Es- pinosa) par les 24° 47’ de latitude, et 114° 42” 30° de longitude.
120 INTRODUCTION
d'entrer dans de plus grands détails sur une partie qui n’est qu'un objet accessoire de cette carte. Plusieurs points situés dans l'in- térieur de l’île de Cuba et sur les côtes aus- trales, entre les ports de Batabano et de la Trinidad, ont été fixés par les observations astronomiques que j'y ai faites en 1801, avant mon départ pour Carthagène des Indes.
TITI.
Carte de la vallée de Mexico, ou de l’ancien Tenochtitlan.
Peu de contrées inspirent un intérêt aussi varié que la vallée de Tenochtitlan. C'est le site d’une ancienne civilisation des peuples américains. De grands souvenirs se rattachent non seulement à la ville de Mexico, mais surtout à des monumens plus anciens, aux pyramides de Teotihuacan, qui étotent dédiées au soleil et à la lune, et dont la description sera donnée dans le troisième livre de cet ouvrage. Ceux qui ont étudié l’histoire de la conquête, aiment à s’instruire sur les positions
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DOsitions
GÉOGRAPHIQUE. 121
militaires de Cortez et de l’armée tlascal- teque. Le physicien contemple avec intérèt et l’immense élévation du sol mexicain, et la forme extraordinaire d’une chaîne de mon- tagnes porphyritiques et basaltiques, qui en- toure la vallée comme un mur circulaire. Il reconnoît que cette vallée tout entière est le fond d’un lac desséché. Les bassins d’eau douce et d’eau salée qui remplissent le centre du plateau; les cinq lagunes de Zumpango, de San Christobal, de Tezcuco, de Xochi- milco et de Chalco, ne sont, aux yeux du géologue, que les foibles restes d’une grande masse d'eau qui couvroit jadis toute la vallée de Tenochtitlan. Les travaux entrepris pour préserver la capitale du danger des inonda- tions, offrent à l'ingénieur ou à l’architecte hydraulique, sinon des modèles à imiter, du moins des objets dignes de fixer son atten- tion’.
1 Voyez ce que je dis plus bas sur la position de l’ancienne ville de Mexico, sur les pyramides de Teotihuacan, sur la position des lacs, sur le canal artificiel (Desague) par learel les eaux de la vallée
.écoulent vers le golfe du Mexique, sur les deux
plateaux de Cholula et de Toluca, dont une partie
122 INTRODUCTION
Malgré l'intérêt qu'offre cette contrée sous le triple rapport de l’histoire, de la géologie et de l'architecture hydraulique, il n'existe aucune carte dont l'inspection puisse faire naître l’idée de la véritable forme de la vallée. Le plan des environs de Mexico, publié à Madrid par Lopez, en 1785, et celui de la Guia de Foresteros de Mexico , ne se fondent que sur un ancien plan de Siguenza dressé au dix-septième siecle. Ces esquisses ne mé- ritent certainement pas le nom de cartes topographiques; car elles ne représentent ni la situation actuelle de la capitale, ni l'état des lacs du temps de Montezuma.
Le plan de Siguenza, qui n'a que 21 cen- timètres de longueur sur 16 de largeur, à pour titre : Mapa de las aguas que per el etrculo de noventa leguas vienen a la laguna de Tezcuco, delineado por Don Carlos de Siguensa y Gongora, reimpreso en Mexico con algunas adiciones en 1786, por Don Jose Alzate. L'échelle de latitudes et de longitudes que M. Alzate à ajoutée à ce plan
est aussi comprise dans ma carte de la vallée de Tenochtitlan.
A + Ï 13 AT PONT ACER
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GÉOGRAPHIQUE. 123
de Siguenza, a des défauts de construction qui excèdent trois minutes en arc. La longi- tude absolue de la capitale, que le savant mexicain assure être le résultat de vingt-une observations de satellites de Jupiter, et qu'il croit avoir été approuvée et vérifiée par l’Académie des sciences de Paris, est fausse d'un degré. Ce plan, de M. Alzate, a été servilement copié par tous les géographes qui ont. hasardé de publier des cartes de la vallée de Mexico. Il présente la distance directe
a) de la cime du volcan de Popocatepetl, au village de Tisayuca, situé à l’extré- mité septentrionale de la vallée, de 1°1/ en arc équatorial. ( Vraie dis- tance 0° 53.)
b) du centre de la ville de Mexico à Huehuetoca, où commence le canal d'écoulement des lacs, de o° 32. (Vraie distance o°23/.)
c) de Mexico à Chiconautla, de o° 20’. (Vraie distance o° 15/.)
d) du rocher (Peñol) de los Baños à Zumpango, de 0° 52’. (Vraie dis-
tance 0° 21/.)
12/4 INTRODUCTION
e) du Penos de los Banos à San Christobal,
de 0° 13’. (Vraie distance o°8/.)
.f) du village de Tehuiloyuca à Tezcuco,
de o° 29’. (Vraie distance 0°21”/.)
Voilà des erreurs de 16000, même de 20000 mètres sur des distances que M. Velasquez, dans une opération géodésique faite en 1775, avoit mesurées avec une grande exactitude, et sur lesquelles il ne reste peut-être pas un doute de cent mètres. Cependant M. Alzate auroit pu se servir des triangles de Velasquez, comme nous l’avons fait, Don Luis Martin, M. Oltmanns et moi, en rédigeant la carte qui sst insérée dans l’atlas mexicain. Je n’ai pas fait d'observation astronomique à Pa- chuca, mais bien au Real de Moran, dont la latitude est plus grande que celle de Pa- chuca. J’ai trouvé Moran par les 20° 10’ 4” de latitude, et cependant M. Alzate fait Pachuca 20° 14’. L'ancienne ville de Tula est placée dans sa carte trop au nord de près d'un quart de degré.
Le plan de M. Mascard, publié dans la Guia de Mexico (Mapa de las cercanias de Mexico), n’a que 14 centimètres de long sur 10 de large. Il est par conséquent douze
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Alzate squez; lartin, \ carte Je n’ai à Pa- , dont de Pa- 10/ 14 te fait Tula brd de
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douze
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2
GÉOGRAPHIQUE. 125
fois plus petit que celui qui est joint à cet ouvrage. On peut le considérer comme une copie du plan de Siguenza et d’Alzate. La partie septentrionale de la vallée y a cepen- dant été un peu rétrécie. La cime du volcan de Popocatepetl est éloignée de Huehuetoca, d'après le père Alzate, de 1° 14 ; d’après M. Mascard, de 1° 11/. La vraie distance est de 1°1/. C'est celle qui résulte en liant, par les triangles de Velasquez, Huehuetoca au rocher de los Baños, et ce rocher, par mes observations astronomiques et par plusieurs azimuths, au volcan de Popocatepetl et à la pyramide de Cholula.
Il existe des cartes selon lesquelles les eaux des lacs voisins de la ville de Mexico, ne coulent pas au nord -est, vers le golfe du Mexique , comme c’est effectivement le cas, mais au nord-ouest, vers la mer du Sud. Cette erreur se trouve, parmi un grand nombre d'autres, sur la carte de l'Amérique septen- trionale, publiée à Londres par M. Power, géographe du roi!
Dès mon arrivée à Mexico, au printemps de l’année 1800, j'avois concu le projet de dresser une carte de la vallée de Tenochiitlan.
Î
126 INTRODUCTION
Je nr’éto:s proposé de fixer , par des obser- vations astronomiques , les limites de cette vallée qui a la forme d'un ovale allongé. J'avois pris en outreun grand nombre d'angles de positions , en me plaçant sur la tour de la cathédrale de Mexico, à la cime des collines porphyritiques de Chapoltepec et du Penol de los Banos, à la Venta deChalco , au sommet de la montagne du Chicle, à Huehuetoca et à Tisayuca. La position des deux voicans de la Puebla et du pic d'Axusco avoit été déter- minée par une méthode hypsométrique par- ticulière ; c'est-à-dire ; par des angles de hauteurs et des azimuths. N'ayant que per .:: temps à donner à ce travail, je ne pouvois pas me flatter de réunir dans ma carte ie grand nombre de petits villages indiens qui couvrent les borc . des iacs. Mon but principal étoit de fixer avec soin la forme de la vallée, et de dresser la carte physique d’une contrée dans laquelle je venois de mesurer «in grand nombre de hauteurs à l’aide du baromètre. Des circonstances favorchles m'ont mis à même de publier une carte topographique fondée sur des matériaux exacts. Une per- sonne respectable qui joint une grande foryne
obser- e cette llongé. ’angles r de la collines 1 Penol sommet toca et cans de é déter- [ue par- ngles de e per € pouvois carte le Mens qui principal a vallée, » contrée nm grand etre. Dnt mis à raphique ne per- e orne
GÉOGRAPHIQUE. 127
à l'amour des sciences, par une réunion égas lement rare dans tous les pays , M. Don Jose Maria Fagoaga, voulut me laisser un souvenir précieux de sa patrie, en me donnant, lors de mon départ de Mexico , l’esquisse d’un plan de la vallée. Sur son invitation, un de mes amis, Don Luis Meortin, aussi bon minéra- logiste qu’ingénieur habile , dressa une carte d'après les opérations géodésiques faites à différentes époques entre la ville de Mexico et le village de Huehuetoca , à l’occasion des canaux de Tezcuco , de San Christobal et de Zumpango. M. Martin joignit à ces matériaux une partie des relèvemens que je lui avois communiqués, en assujétissant le tracé aux extrémités de la vallée. Les excursions nom- breuses que son zèle pour la géologie lui avoit fait entreprendre , le mirent en état d'exprimer avec beaucoup de vérité ia forme et la hauteur relative des montagnes qui sépa- rent le plateau de Mexico de ceux de Toluca , de Tula, de Puebla et de Cuernavaca.
Cette carte que je dois à l’obligeanie amitié de M. de Fagoaga, n'est cependant pas la même que celle qui est jointe à mon atlas mexicain. En l’examinant soigneusement, en
128 INTRODUCTION
la comparant, soit à la triangulation de M. Velasquez, dont je possède le détail dans un manuscrit original, soit au tableau des positions astronomiques fixées par mes obser- vations, j'ai vu que la côte orientale du lac de Tezcuco et toute la partie septentrionale dela vallée, exigeoient des changemens consi- dérables. M. Martin lui-même avoit reconnu l’imperfection de sa première ébauche, et j'ai cru faire une chose qui lui seroit agréable, en engageant M. Oltmanns à faire dessiner de nouy" sous ses yeux la carte de la vallée, d'apres a réunion de tous les matériaux que j'avois rapportés. Chaque point a été discuté séparément ; on a pris des termes moyens
lorsque plusieurs relèvemens ne cadroient
pas entr'eux.
Voici la chaîne des triangles mesurés par M. Velasquez, en 1773, depuis le rocher des bains ( Penol de los Baños), près de la ville de Mexico, jusqu’à la montagne de Sincoque, au nord de Huehuetoca. Les angles :nt été mesurés avec un excellent théodolite anglois de dix pouces de diamètre, et muni de deux lunettes de vingt-huit pouces de longueur.
M PR NE Los +
on de il dans au des obser- du lac rionale s CONSiI- econnu he, et sréable, siner de vallée, aux que 5 discuté moyens adroient
arés par cher des Le la ville ncoque ; \nt été e anglois de deux gueur.
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GÉOGRAPHIQUE. 129
NOMBRE DISTANCES
ANENFS RÉDUITES des NOMS DES STATIONS. ÊTA | observés (en vares mexicaines, triangles. 1e dont 2,32:58 {ont une
toise }),
| Garita de Guadalupe.... ES de Peralvillo.... |
Cumbre del Penol.,....
Garita de Peralvillo... Cumbre del Peñol....... sul Miguel de Guadalupe.
A. (San Miguel de Guadalupe. JT. : Cumbre del Penol.......
-
Tezcuco........,,..,...
A. /Combée del Peñol....... iv. |B DeROUOO + 00 5180410 .6 de 00 "| Cruzes del Cerro de S. pb à De B à C... 24562 er Christobal. ...... AT D A. Énénce RTS ENT PTT | 35° 1’ v. LB Cruzes del Cerro de S. 57° 10/ De A à C.…. 20694 "À Christobal. .......... | 7 19 le B à ©... 14100 C. | Creston de Chiconautla..| 87° 40’ A. {Creston de Chicanantla. . 76" 35’ 8 Cruzes del Cerro de S.} 530 5 De A à C... 14631 k Christobal....,....... . De B à C... 17809 C. t'aliocau NES der | 500427 A. | reston de Chicanautla..| 59° 47’ p, { Cruzes del Cerro de S. G 8 De À à C... 19677 "À Christohal............ } ? De B'à C... 17513 C. ] Hacienda de Santa Iñes..| 44o 5 A. Ébuses del Cerro de S. / B. CNT ancan est 25° 5° |De A à C.. 17809 Hacienda de Santa Iües.. | 80° 46” | he B à C... 7072 C. |. 19 CARO oo ne 60 6 0 76 90’
LS 9
INTRODUCTION
NOMBRE À DISTANCES ANGLES RÉDUITES
des NOMS DES STATIONS. (en vures mexicaines
triangles. vbservés, dont 2,32258 font une toise ).
1 . , Xaltocan | 65° 19° Hacienda de Santa Ides..| 71° 30’ (zumpango. CAT sérevilt 00013
. Zumpango 49° 34° . [Hacienda de Santa Iûes...| 74° 46” Tehuiloyuca........ «| 55° 40°
Zumpango.......... os...) 57° 12°
. {Tehuiloyuca...... os... | 85° 30’ Eee ( Cerro de)....| 37° 17”
. Tehuiloyuca 24° 30” . Sincoque............. | 29° 43” à Hacienda de Xalpa......| 125° 47”
. {Hacienda de Xalpa.....! 32° 19° Sincoque. css... :. |io1° 44° Loma del Potrero 47° 57!
Sincoque...oo.oessee | 37° 50’
. (Loma del Potrero 113° 50’ [sacs del Salto 28° 20’
M. Velasquezavoit mesuré deux base:, l’une de 3702 + vares mexicaines dans la plaine souvent. inondée qui sépare le village de San Christobal et la colline de Chiconautla ; l’autre de 4474 vares sur la chaussée qui mène de la capitale au sanctuaire de S. Mi- chel de la Guadeloupe. La seconde base fut
sm +
DISTANCES RÉDUITES en vVures mexicaines, dont 2,32258 font une toise ). RE EE CDS,
à À
De À à C... 11758 De B à C... 1088;
De À à C... 12718 De B à C... 10053
De À à C... 20927 De B à C... 2764 | |
De À à C... 10783
De B à C... gone
| |
| De A à C... 12288 De B à CC... 670
De A à C... 867
| De B à C... al “ |
basc:, l’une s la plaine village de hiconautla ; aussée qui e de S. Mi-
de base fut
AO ET 7 D a
GÉOGRAPHIQUE. 131
même mesurée deux fois. En résolvant suc- cessivement la série des triangles d'après ces valeurs, on trouve la distance directe de la croix de la montagne de San Christobal à la crête ( creston) dé'la Loma de Chiconautla. Une des bases donne 14099 vares pour cette distance , l’autre en donne 14101. Le troi- sième triangle et les trois derniers ont chacun un angle obtus; mais dans ces mêmes triangles, une erreur d’une minute dans l'angle le plus aigu ne produiroit encore que trois ou quatre vares de différence sur la longueur des côtés. Il en résulte que cetie opération est très-pré- cieuse pour la topographie de la vallée de Tenochtitlan.
Des signes particuliers indiquent sur ma carte les positions qui se fondent sur la trian- gulation de M. Velasquez, et celles que j'ai fixées astronomiquement. On a ajouté les résultats de mes mesures faites à l’aide du baromètre , et calculées d’après le coefficient de M. Ramond. Pour faciliter l'usage de la carte à ceux qui étudient l’histoire de la conquête, j'ai mis les anciens noms mexicains à côté des noms qui sont usités de nos jours. J'ai tâché d’être très-exact dansl'arthographe
*
9
132 INTRODUCTION
aztèque, en ne suivant que les auteurs mexi- cains, et non les ouvrages de Solis , Robertson, Raynal et Pauw, qui défigurent les noms des villes et des provinces, comme ceux des rois
d'Anahuac.
I V.
Carte qui présente les points sur lesquels on a projeté des commu- nications entre l'Océan Atlantique et la mer du Sud.
Cerre carte a été dressée pour offrir aux yeux du lecteur, dans un même tableau, les neuf points qui présentent des moyens de communication entre les deux Océans. Elle sert àexpliquer ce que j'ai dit dans le deuxième chapitre du premier livre. J’ai représenté dans neuf esquisses. réunies les points de partage entre l’Ounigigah et le Tacoutché T'essé , et ceux entre le Rio Colorado et le Rio del Norte ; les isthmes de Tehuantepec, de Nica- ragua, de Panama et de Cupica; la rivière
de Guallaga et le golfe de S. George ; enfin
S MEXI- Jertson, oms des des rois
ts sur ommu- intique
ffrir aux leau , les ryens de ans. Elle leuxième enté dans partage Tessé , et _ Rio del de Nica- la rivière ze; enfin
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E
à La
GÉOGRAPHIQUE, 133
le ravin dela Raspadura au Choco » parlequel, depuis 1788, des bateaux ont remonté de l'Océan Pacifique à la mer des Antilles. Les esquisses les plus intéressantes sont celles du petit canal de dérivation de la Raspadura et de l’isthme de Tehuantepec. J'ai tracé le cours des rivières de Huasacualco ( Guasacualco ) et de Chimalapa d’après les matériaux que j'ai trouvés dans les archives de ja vice-royauté de Mexico, et surtout d'après les plans des ingénieurs Don Miguel del Coral, et Don Augustin Cramer, que le vice-roi Revillagi- gedo avoit envoyés sur les lieux. Les distances ont été rectifiées par des itinéraires dressés à une époque très-récente et depuis que l'indigo de Guatimala passe par la forêt de Tarifa, qui est un chemin nouveau ouvert au commerce de Vera-Cruz.
LA
Carte réduite de la route d’ Acapulco à Mexico.
J'ar levé et dessiné cette carte itinéraire en Voyageant des côtes de la mer du Sud à la
134 INTRODUCTION
ville de Mexico , depuis le 28 mars jusqu’au 11 avril On a donné plus haut (p. 50) le précis des observations astronomiques qui ont servi pour dresser ce plan, sur lequel se trouvent aussi indiqués les résultats de mon nivellement barométrique '. J'ai tâché d’y exprimer avec soin les inégalités du sol d’Anahuac, et les lignes de culture dont la direction est modifiée par l’élévation du sol.
VI.
Curte de la route de Mexico à Durango.
Le plateau de la Nouvelle-Espagne, qui s'étend sur le dos de la Cordillère , est la partie la plus peuplée du royaume. Par con- séquent il a paru intéressant de présenter dans trois petites cartes itinéraires le détail du chemin qui mène depuis la ville dè Mexico par Zacatecas , Durango et Chihuahua jusqu'à Santa-Fe du Nouveau-Mexique. Ce chemin,
1 Voyez mon Recueil d'observations astronomiques, Vol.I, p. 318—320.
qu'au o ) le s qui lequel ts de tàché du sol ont la du sol.
e, qui est la r con- ésenter
détail Lexico jusqu à hemin ,
pmiques ;
135
praticable pour des voitures, se soutient jusqu’à Durango, et peut-être encore au delà, à une élévation de plus de 2000 mètres au- dessus de la surface de l'Océan. Ayant employé , pour les cartes de routes, d'autres matériaux que ceux qui ont servi à former la carte générale du Mexique , je dois rendre raison de lz cause de quelques diffé- rences que l’on remarquera entreles diverses parties de l’atlas mexicain. Dans la carte géné- rale j'ai présenté , à l'exemple de D’Anville, de Rennell, et d’autres géographes célèbres, les résultats qui, d’après un grand nombre de combinaisons , m'ont semblé les plus pro- bables. Quand on est ainsi privé d'observations directes, une critique éclairée , et destermes moyens tirés d'observations dont !:s extrêmes s’éloignent beaucoup les uns des autres , peu- vent encore fournir d’utiles approximations. Du temps de D’Anville, il existoit à peine dans l’Indostan quelques endroits dont la position fût déterminée astronomiquement. Cependant cet excellent géographe « qui n’avoit pour l'in- » térieur de l'Inde que desitinéraires vagues, »est parvenu, » selon le témoignage de M. Rennell même, « à dresser des cartes,
GÉOGRAPHIQUE.
136 INTRODUCTION
« dont l'exactitude doit surprendre. » Je suis bien éloigné de m’attendre à la même surprise de la part de ceux qui, un jour, présenteront au public une carte exacte de la Nouvelle- Espagne. On peut se proposer de grands mo- dèles, sans avoir la prétention de les atteindre.
En traçant ces cartes d’après de simples journaux de route, il auroit été dangereux de modifier les points intermédiaires par d'autres considérations. L'objet de ces cartes particulières est de présenter le détail qui n’a pas pu être marqué sur la grande carte. Il a paru plus utile de ne rien changer aux aires de vent et aux distances indiquées par les ingénieurs. Les latitudes des points extrér : étant connues , le calcul des sinus et cosi.. … des rumbs observés , donne la différence en longitude , et la valeur des lieues du pays. Ces résultats méritent assez de confiance, lorsque plusieurs latitudes sont astronomi- quement déterminées sur la même route, comme c’est le cas dans le chemin qui mène de Mexico à Durango. On a employé alors la méthode des navigateurs qui corrigent l'estime par la latitude observée. M. Friesen , qui réunit au talent d’un dessinateur distingué
Je suis 1rprise iteront avelle- ds mo- eindre. simples gercux "es par s cartes quin'a rte. Il a IX aires par les ctrér COS uv nce en u pays: nfiance , onomi- route , i mène alors la estime n, qui tingué
GÉOGRAPHIQUE. 137
une connoissance solide des mathématiques , a bien voulu se charger de ces calculs. C’est encore lui qui a dressé, avec beaucoup d’in- telligence , d’aprèsla projection de Mercator, les trois cartes de routes que contient l’atlas mexicain. On ne trouvera de différence sen- sible avec la grande carte que dans la longitude de Santa- Fe, qui seroit, d’après Rivera , 107° 58 , au lieu de 107° 13’; et dans la latitude du Presidio del Passo , que ma grande carte place 8’ plus au sud. J’observe d’ailleurs que cette dernière carte offre les positions qui, d'apres l’état actuel de nos connoiïssances géographiques, me paroissent, je ne dirai pas les plus exactes , mais les moins erronées. L'échelle des trois petites cartes est à celle de la grande — 3: 2.
Le plan qui présente la route de Mexico à Durango par Zacatecas, est fondé sur mes propres observations astronomiques , et sur des journaux de route de M. Oteyza. Entre Mexico et Guanaxuato on a joint aux noms des lieux le nombre de toises dont, suivant mon nivellement barométrique , le
sol du plateau est élevé au-dessus du niveau de l'Océan.
138 INTRODUCTION
Le caicul a donné la capiiale de Mexico à l'est de Zacatecas, par les routes de M. Mas- card, 3° 45/, par celles de Rivera 1° 58. Cetie énorme différence résulte sans doute de l'incertitude des rumbs dans des pays montagneux. Nous avons adopté avec M. Oteyza 2°35/ , ce qui tient presque le milieu entre les résulats des deux ingénieurs. Du- rango est, d’après Rivera, 1° 20’ à l’ouest de Zacaiecas , d'après Oteyza, 1° 57’. M. Frie- sen à trouvé que les rumbs indiqués dans le journal de Lafora , placent la ville de Quere- taro 1° 33’ à l'est de Zacatecas, et 47’ à l’est de Mexico. Cette dernière différence est fausse de 15’ ; car , d’eprès mon garde-temps, Queretaro est par les 102° 30/ 30” de lon- gitude.
VII.
Curte de la route de Durango à Chihuahua.
Cerre route traverse une grande partie de la province de la Nouvelle-Biscaye. MM. Rivera et Mascard ont fait ce chemin, le premier directement de Durango à la capitale des Provincias internas, V'autre en prenant
[exico à M. Mas- 19 58’. s doute es pays vec M. le milieu rs. Du- ouest de M. Frie- s dans le > Quere- 7' à l'est est fausse -temps , de lon-
ngo à
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prenant
GÉOGRAPHIQUE. 139
par Zaeatecas, Fresnillo, la Laborcila et Abinito. M. Friesen a trouvé , d'après Rivera , la différence des méridiens de Chihuahua et Durango, 1° 107. Zacatecas seroit placé, d'après le même voyageur , 2° 3’ à l'est de Chihuahua; selon M. Mascard, on auroit 2° 55’. Cette harmonie est assez satisfaisante pour une méthode d'estime naturellement impar- faite. Cependant ces deux ingénieurs different beaucoup dansla longitude de quelquespoints intermédiaires. Tous deux ont passé par Rio Florido. M. Mascaro, d’après les rumbs et les distances qu’il rapporte, place ce point 5°22/, Rivera 2° 12” à l’ouest de Zacatecas. Notre carte de route a été construite d’après les données de Rivera. Elle offre plusieurs endroits intéressans, tels que les mines du Parral et les postes militaires du passage del Gallo, de Mapimis , du Cerro Gordo, et de Conchos. Il seroit bien à désirer que l’on déterminât l'élévation du plateau qui se pro- longe depuis Durango jusqu’à Chihuahua , ou jusqu’au Passo del Norte. J'ai déduit la hauteur de Durango d’une série d’observa- tions barométriques faites par M. Oteyza. Je crois que le plateau central de la Nouvelle-
140 - INTRODUCTION
Espagne s’abaisse rapidement depuis Durango vers le Bolson de Mapimis. En supposant que le Rio del Norte n'ait pas plus de pente que le Rio de la Madalena, le Presidio del Passo et le terrain situé au sud de ce poste militaire ne peuvent être élevés tout au plus que de trois cents toises au-dessus du niveau de la mer.
VIITL
Carte de la route de Chihuahua à Santa-Fe del Nuevo-WMexico.
Ox est embarrassé dans le choix des maté- riaux pour cette partie du pays. La distance étant très-longue, et le pays plus désert présentant moins d'édifices qui puissent se découvrir à de grandes distances , l'indication des rumbs en devient plus sujette à l'erreur. M. Friesen a calculé soigneusement , d’après les tables trigonométriques , les routes de Rivera et de Lafora. D'après le premier , Santa-Fe est 53’ à l’ouest , d'apres le second, 10’ à l’est de Chihuahua. En comparant des points intermédiaires , on voit par le calcul que les deux journaux placent le Passo del Norte et Ojo Caliente ( près du Presidio del
Jurango sant que nte que lel Passo militaire que de
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hua à ICO.
les maté- distance s désert ssent se idication l'erreur. d’après utes de premier , second, rant des e calcul asso del
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GÉOGRAPHIQUE. 141
Carizal ) dans le même méridien ; cependant d’après Lafora , la différence de longitude du Passo del Norte et de Chihuahua est de 35’ , la différence du Muerto et du Passo de 16”, celle de Santa-Fe et du Muerto de 12’ plus petite que d’après les relèvemens de Rivera. M. Antillon, dans sa carte de l'Amérique septentrionale , place Santa-Fe 45’ à l'occi- dent de Chihuahua. J'ai cru devoir diminuer celte différence dans ma carte génér..ie, et la réduire à 25’. M. Costanzo suppose même que ces deux endroits sont à peu près dans le même méridien. La position de la capitale de Quito ayant été trouvée fausse ; d’après mes observations , d’un degré de longitude, il ne faut pas s'étonner de ces écarts. Nous avons préféré d’ailleurs de suivre dans cette carte de route le journal de Rivera, sans modifier le résultat de la longitude de Santa- Fe , qui nous paroît trop occidentale. D'après ce même voyageur on trouve :
Mexico à l’est de Durango, 5°18/ Durango à l'est de Chihuahua, 1° 20’ Chihuahua à l’est de Santa-Fe, o° 53”
D'oùilsuit Mexico à l’est de Santa-Fe, 5° 31’
142 INTRODUCTION
Ce dernier résultat ne diffère que de 27’ de celui auquel je me suis arrêté dans la grande carte, parce que Rivera pl.ce Du- rango trop à l'est, à peu près ziant qu'il met Santa - Fe trop à l’ouest. M. Antillon fait la latitude du Presidio del Passo 33° 12”, tandis que Rivera prétend l'avoir trouvée de 32° 9’ par une observation directe. Peut-être devroit-elle être encore’ moindre , car les distances et les rumbs indiqués par Rivera la fixent, d’après le calcul de M. Friesen, à 81° 42’. Je n’ai voulu rien changer à ce ré- sultat , parce qu’au milieu de tant d'incerti- tudes, la petite carte de route ne devoit être construite quesur les seuls journaux de Rivera. Les manuscrits que l'ingénieur Lafora à laissés à Mexico marquent 55° 6’, latitude qui se rapproche assez de celle qui estindiquée dans la carte de M. antillon. Mais la position de Santa-Fe, et le nombre de lieues que Lafora admet entre cette ville et le Passo , font soupconner que cette harmonie est purement apparente, ei que peut-être même elle est fondée sur une erreur de copiite,
ue de 27’ té dans la place Du- siant qu'il TI. Antillon Oo 33° 12’, trouvée de . Peut-être e, car les r Rivera la friesen, à r à Ce ré- t d'incerti- levoit être de Rivera. Lafora a , latitude tindiquée a position ieues que asso , font purement e elle est
GÉOGRAPHIQUE. 143
I X.
Carte de la partie orientale de la Nouvelle-Espagne, depuis le pla- teau de Mexico jusqu'aux côtes de V’era-Cruz. |
CETTE carte, qui s’étend depuis les 18° 40” jusqu'aux 19° 45’ de latitude, et depuis les g%° o’ jusqu'aux 101° 55’ de longitude, comprend la partie la plus intéressante de la Nouveile-Espagne : le chemin qui conduit de Vera-Cruz à la ville de Mexico, par Orizaba ou par Xalappa. On y distingue le plateau in- térieur et la pente orientale de la Cordillère d'Anahuac, celle qui est opposée aux côtes arides du golfe du Mexique. M. Friesen , qui a dressé cette carte d’après une autre que j avois esquissée en Amérique, y a exprimé très-heureusement , par une sage distribution des ombres, les inégalités du sol, et la hauteur relative des montagnes. L’échelle est de trois millimètres par minute du degré équatorial ; par conséquent cette échelle est à celle des cartes n°. VI, VII, VIII à peu près =4:1, à celle de la carte n°. I —6: 1.
INTRODUCTION
Les matériaux qui ont servi pour construire la carte de la partie orientale du plateau d’'Anahuac, ont été suffisamment discutés dans les feuilles précédentes, pag. 53 et 101. Un plan dessiné par M. Garcia-Conde, et le re- lèvement géodésique que cet officier zélé et instruit a fait en 1797, conjointement avec le colonel du corps des ingénieurs, M. Cos- tanzo , relèvement qui devoit servir à un projet de défense militaire, peuvent être considérés comme la base principale de cette carte n°. IX. Onn'’a rien changé dans le détail, mais l’ensemble a été rectifié d'après les ré- sultats de mes observations astronomiques. Ayant déterminé soigneusement la position des quatre grandes cimes de la Cordillère , le Popocatepetl, l'Iztaccihuail , le Citlaltepetl et le Naucampatepetl ", de même que celle des villes de Mexico , Cholula, Puebla et Xalappa, il a été facile de fixer le reste par des réductions partielles. La côte du golfe du Mexique, depuis la bouche de la rivière
1 Le Coffre de Perotte porte aussi parmi les Indiens les noms de Vappateuctli, Nauvpavewizi ou Ttpeil- baliatl.
truire lateau ss dans 1. Un le re- zélé et t avec [. Cos- à un at être e cette détail, les ré- miques. osition dillère , ltepetl e celle bla et ste par 1 golfe
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La 3 pig ES TA Re AE RÉ PE EEE RER APTE SEEN ÉRIC ; £ :
GÉOGRAPHIQUE. 145
d’Alvarado jusqu’à la pointe de Mari Andrea, a été corrigée d’après les belles observations chronométriques de M. Ferrer. J’ai d'ailleurs ajouté, comme sur toutes les autres cartes de l’atlas mexicain , les résultats de mon nivelle- ment barométrique.
X.
L]
Carte des fausses positions.
CerTe esquisse présente les fausses positions attribuées aux ports de Vera-Cruz et d’Aca- pulco, et à la capitale de la Nouvelle-Espagne. Elle prouve combien ont été irirarfaites les cartes du Mexique que l'on a publiées jus- qu'ici. J'ai tracé cette esquisse d'après le modèle de la Mapa critica Germanie , dressée par le célèbre astronome Tobie Mayer.
XI. Plan du port de Vera-Cruz.
L’arzas de la Nouvelle-Espagne paroîtroit sans doute incomplet , si l’on n’y trouvoit pas le plan du port par lequel toutes les richesses mexicaines refluent vers l’Europe. Jusqu'à ce
1. 10
146 INTRODUCTION
jour Vera-Cruz est le seul port qui puisse recevoir des vaisseaux de guerre européens. Le plan que je publie est la copie exacte de celui qui a été dressé en 1798, par M. Orta, capitaine du port de la Vera-Cruz; je l'ai fait diminuer de la moitié de l'échelle, et j'y ai ajouté quelques notes sur la longitude, les vents, les marées atmosphériques, et sur la quantité de pluie qui tombe annuellement. La simple vue de ce plan prouve combien seroit difficile toute attaque militaire, dirisce contre un pays qui, sur ses côtes orientale: , n'offre d'autre abri aux vaisseaux qu’un dan- gereux mouillage entre des bas-fonds.
Les doubles lignes tracées sur le plan du port indiquent la direction or: les vaisseaux doivent suivre pour moui :. Aussitôt que le pilote découvre les édifices de la ville de Vera-Cruz, il doit gouverner de sorte que la tour de l’église de S. François couvre la tour de |la cathédrale. Il continuera cette route jusqu’à ce que l'angle saillant du bastion de S. Crispin paroisse derrière le bastion de S. Pierre. Depuis ce moment on vire à bas- bord en plaçant la proue sur l’ile des Sacri- fices. On a placé sur le bas-fond de la Gallegd,
RE
puisse
ppéens. acte de $ Orta , J'ai fait et jy ai de, les t sur la lement. -ombien , dirisce ientale: , ’un dan: ds.
plan du aisseaux itôt que ville de te que la e la tour te route astion de stion de e à bas- es Sacri- Gallegd,
GÉOGRAPHIQUE. 147
près de la pointe du Soldado, des balises ( Palos de marca) pour éviter les deux roches
dangereuses , appelées Laxa de Fuera et de Dentro.
XIT
Tableau physique de la pente orientale du plateau d’Anahuac.
Les projectionshorizontales quel’on désigne communément par le nom de cartes géogra- phiques, ne font connoitre que très-impar- faitement les inégalités dusol et la physionomie du pays. Les mouvemens du terrain, la forme des montagnes, leur hauteur relative et la rapidité des pentes ne peuvent être représentés complétement dans un dessin, qu’en suivant la méthode du nivellement par tranches , eten dirigeant avec beaucoup de précision les hachures d’après les lignes des plus grandes pen! * Une carte levée d’après les idées in- gémeuses de M. Clerc ', remplace jusqu'à un
1 Ce savant ingénieur-géographe, chef de la topo- graphie à l'École polytechnique, possède un talent éminent pour le figuré du terrain. Persv. ne n’a plus que lui réfléchi sur les moyens d'exprimer les oudu-
10
148 INTRODUCTION
certain point un relief; des lignes tracées sur un plan qui n’a que deux dimensions, peuvent produire le même effet qu’un modèle en bosse, si l'étendue du terrain que l’on figure n’est pas très-grande, et si elle est parfaitement connue dans toutes ses parties. Mais les diffi- cultés deviennent presque insurmontables , si la projection horizontale embrasse un pays montueux dont la surface a plusieurs milliers de lieues carrées.
Dans la région la plus habitée de l'Europe, par exemple en France, en Allemagne ou en Angleterre , les plaines qui sont le siége de la culture , ne sont généralement élevées les unes au-dessus des autres que de cent ou deux cents mètres. Leurs hauteurs absolues sont trop peu considérables pour avoir une in- fluence sensible sur le climat '. Il en résulte que la connoïssance exacte de ces hauteurs intéresse bien moins encore le cultivateur que
lations du sol, et l'ouvrage qu'il se propose de publier sur le dessin des cartes et sur la construction des reliefs, fera époque dans l’histoire de la topographie.
1 L'intérieur de l'Espagne offre une exception bien frappante, le sol des Castilles, dans les environs de Madrid, ayant six cents mètres d’élévation absolue,
2ées sur Jeuvent dèle en à figure itement es diffi- ibles , si un pays milliers
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de publier uction des pographie. ption bien avirons de n absoluee
GÉOGRAPHIQUE. 149
le physicien. Aussi dans les cartes de l'Europe les géographes se contentent-ils d'indiquer les chaînes de montagnes les plus élevées. Au contraire, dans la région équinoxiale du nou- veau continent, surtout dans les royaumes de la Nouvelle - Grenade, de Quito et du Mexique , la température de l'atmosphère, son état de sécheresse ou d'humidité, le genre de culture auquel s'adonnent les habitans, tout enfin dépend de l'énorme élévation des plaines , qui s'étendent sur le dos des Cordil- lères. La constitution géologique de ces pays est un objet d'étude également important pour l’homme d'état et pour le naturaliste voyageur : d’où il suit que l’imperfection de nos méthodes graphiques est bien plus sen- sible dans une carte de la Nouvelle-Espagne
Voyez mon Mémoire sur la configuration du sol de l'Espagne , inséré dans l’/tinéraire de M. Alexandre de Laborde, Tom. 1, p. 147—156. C’est aussi d’après les données que renferme ce Mémoire, qu’est dressée la petite carte géologique jointe à l’intéressant Rap- port sur l’importation des Mérinos, par M. Poyféré de Céré, 1809. On doit regretter cependant que cette carte ne soit pas dessinée, dans toutes scs parlies, d’après la même échelle de hauteur.
150 INTRODUCTION
que dans une carte de la France. D'après cette considération , pour faire connoiître complétement les pays que j'ai parcourus, et dont le sol a une configuration si extraor- dinaire , j'ai cru devoir recourir à des moyens que les géographes n'avoient point encore tentés, parce que les idées les plus simples sont généralement celles qui se présentent les dernières.
J'ai figuré des pays entiers, de vastes étendues de terrain, dans des projections verticales, comme depuis long-temps on a tracé le profil d’une mine ou celui d’un canal". Les principes d’après lesquels ces tableaux physiques doivent être construits, seront détaillés dans mon Essai de pasigraphie géo- logique. Comme les endroits dont il importe de faire connoître la hauteur absolue, se trouvent rarement sur la même ligne, la coupe est composée de plusieurs plans qui différent dans leur direction, ou bien elle
1 Le premier essai que j’ai fait en ce genre a été la carte physique de la rivière de la Madeleine, qui a été gravée en 1801, contre mon gré, à Madrid. Voyez mon Recueil d'observations astronomiques ,
Vol. I, p. 370.
D'après nnoître COurus , extraor- moyens encore simples ntent les
> vastes jections ps on à a canal". ableaux , Seront hie géo- importe lue, se gne , la lans qui ien elle
e aété la e, qui a Madrid.
miques ,
GÉOGRAPHIQUE. 151
n'offre qu’un seul plan qui est placé hors du chemin parcouru, et sur lequel sont abaissées des perpendiculaires. Dans le dernier cas les distances que présentent la carte physique, different des distances absolues , surtout lors- que la direction moyenne des points dont la hauteur et la position ont été déterminées, dévie considérablement de la direction da plan de projection.
Dans les profils de pays entiers, comme dans les profils des canaux, l’échelle des dis- tances ne peut pas être égale à l'échelle des hauteurs. Si l’on vouloit tenter de donner la même grandeur à ces échelles, on seroit forcé ou de faire des dessins d’une longueur déme- surée, ou d'adopter une échelle de hauteur si petite, que les inégalités du sol les plus remarquables deviendroient insensibles. J'ai indiqué sur la douzième planche, par deux flèches , les hauteurs qu'auroient le Chimbo- razo et la ville de Mexico, si letableau physique étoit assujéti à une même échelle dans toutes ses dimensions. On voit que dans ce cas une élévation de”cinq cents mètres n’occuperoit sur le dessin que l’espace d’un millimètre. En
employant au contraire pour les distances
152 INTRODUCTION
itinéraires, l'échelle des hauteurs que pré- sentent les planches XII, XIII, XIV, et qui est à peu près de 270 mètres par centimètre, il faudroit une planche de plus de quinze mètres de long, pour représenter l'étendue de terrain comprise entre le méridien de Mexico et celui “de Vera-Cruz! Il résulte de cette inégalité des échelles que mes cartes physiques, aussi-bien que les profils de canaux et de chemins dressés par ls ingénieurs, n'offrent pas la véritable pente du sol, mais que ces pentes, d'après la nature des pro- jections employées, paroissent plus rapides dans les dessins qu’elles ne le sont dans la nature ". Cet inconvénient augmente, si les plateaux d’une grande hauteur ont très-peu d’étendue, ou s'ils sont séparés par des vallées profondes et étroites. C'est de la proportion qu'ont entre elles les échelles de